06.10.2011
Résumé en images
Ce soir, je vous la fais courte, une fois n’est pas coutume.
Lancelot bien triste ces jours derniers

TiNours parti à Paris pour d’assommantes réunions.

Dans le TGV, à l’aller, il a rencontré Bernard Pivot


Et au retour, un gros rhume.

Reste plus qu’à le soigner !
Il vous embrasse tous, de loin....

00:04 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : tinours
16.09.2011
Frenchies vs Murkins (Lancelot en Californie 3)
Bizarrement, en matière de prénoms, je ne me souviens que de Martine. J’ai oublié comment les autres s’appelaient.
Il y avait donc Martine, qui avait quitté son mari et sa fille en France pour venir vivre et travailler en Californie.
Son mec, on l’appellera Bernard. Français lui aussi. Je crois qu’il était là avant Martine, et qu’ils s’étaient rencontrés sur le sol américain. Qu’est-ce qu’il faisait dans la vie ? Je ne sais même plus. Il devait travailler en tant que responsable commercial dans une entreprise. De quoi ? Mystère....
Un copain à eux, un Français aussi. Marc, je crois. Un très beau mec, très brun, très bronzé, très dédaigneux, imbu de lui-même, et très con.
La nana de Marc, une Américaine. Lindsay ? Lizzie ? Je ne sais plus. Elle était jeune, blonde et pâlotte. Lorsque je les avais rejoints pour le Labor Day week-end, le torchon brûlait, apparemment, entre elle et Marc. Sombres et banales histoires de couples qui se font la gueule et se rabibochent...
Et puis, l’affreux qui était venu me chercher en voiture à l’hôtel. Un Américain métissé. Sa mère, je crois, était Bolivienne. Un visage couvert d’acné mal cachée par ses lunettes. Gonzo, oui, ça lui irait bien, ça, comme prénom. Il passait son temps à foudroyer Marc du regard, voire à l’engueuler, parce qu’il trouvait que ce dernier traitait Lindsay d’une façon absolument révoltante. J’avais fini ce jour-là par me dire que Gonzo était amoureux d’elle en secret. Genre Caliban et Miranda, dans la Tempête.
Enfin, l’élément rapporté : moi.
En toute honnêteté, je dois reconnaître que Martine avait fait des efforts pour me faire me sentir à l’aise. Elle m’avait emmené avec eux dans une virée qu’ils effectuaient à Palomar Mountain, au nord de San Diego. Il y avait là-bas un observatoire, que nous pouvions visiter. La nature, splendide, m’avait rappelé la Provence, par certains aspects. Il y avait de nombreux pins et résineux, notamment.
Mais une question continuait à me tarauder : où allais-je définitivement poser mes valises pour ce mois qui s’annonçait ? Martine était sympa, mais elle avait un côté très « Oh, ça va s’arranger, on verra bien demain... » qui avait tendance à m’angoisser. Après consultation des petites annonces, il s’était avéré qu’il y avait peu de chambres à louer pour un mois à un étudiant en transit. La plupart des gens préféraient louer pour une année universitaire. Je balisais... Ils me disaient de ne pas m’en faire, et je leur avais répondu que j’aurais préféré ne pas avoir à coucher sous les ponts. « Impossible... », m’avait répondu Bernard, hilare. « ...à San Diego il n’y a pas de ponts. » Comme c’était drôle. Faux, en plus, car il y en a un très célèbre, le Coronado Bridge. J’aurai l’occasion d’en reparler. Mais tout ceci ne résolvait rien. Le soir, au retour, Martine avait aperçu une amie à elle dans la rue, une vieille dame française. « Elle a une grande maison, elle pourrait accepter de te louer une chambre... » Sortie, conciliabules pendant que j’attendais dans la voiture. J’entends encore résonner la réponse de la vieille, venue du fond du cœur : « Ah non, sûrement pas ! ». Bon. Ce n’était pas pour ce soir-là. J’avais encore dormi à l’hôtel. Mes réserves financières fondaient. Mais j’avais entr’aperçu un écriteau sur une palissade « Room to let... ». Peut-être que... ? Le lendemain matin, j’y étais revenu, avec Martine. Nous avions poussé la porte. Un jardinet charmant, avec des tomates. Elle en cueille une, la mange. Moi : « Dis donc, tu n’es pas gênée ? » Elle « Oh, bofff, on est en Californie, ici, les gens n’ont pas les mêmes blocages qu’en France, tu sais... »
Ah... ? Bon.
Peut-être.
La propriétaire de la maison, c’était Joan. Elle était là, mais nous avait dit que celui qui s’occupait de louer les chambres (deux, dont l’une déjà prise), c’était Peter, son mec du moment. Bon, il faudrait donc revenir en fin d’après-midi. Martine, elle, partait travailler.
Je ne me souviens plus très bien de ce que j’ai fait ce jour-là, en attendant. Pas manger, c’est sûr. J’en étais à mon quatrième jour d’anorexie. Rien ne passait. Impossible. J’avais dû me promener dans le quartier, probablement. San Diego est une ville immense divisée en plusieurs districts (ou plutôt ‘neighborhoods’, à la mode californienne) comprenant Downtown, le centre ville, Balboa Park (au Nord), Mission Beach, Point Loma, et La Jolla. La Jolla était le quartier résidentiel, en bord de mer, où j’envisageais de loger, pour un mois.
J’avais dû me ballader sur la route longeant la plage, avec une boule au creux de l’estomac. Si je ne trouvais rien, je ne pourrais certainement pas passer un mois à l’hôtel, trop cher. Allais-je devoir avancer honteusement mon retour en France ? Cette seule idée me révulsait. Et après mes mésaventures à Travelodge, je n’avais plus du tout envie de me faire « guller »
Peter, beau quadragénaire barbu, avait examiné ma demande de location et mes arguments d’un œil suspicieux, puis avait secoué la tête :
« Well, no, I won’t even... »
Voyant mon visage qui se décomposait, il s’était mis à rire :
« No, I meant : you CAN HAVE the room. What I meant was : I won’t even ask you for a deposit.”
Ce qu’il voulait dire, c’est qu’il n’envisageait pas de me demander une caution pour le mois suivant, puisque je ne restais qu’un mois. Logique.
Ouf. J’avais la chambre. Et la possibilité d’y préparer aussi mes petits déjeuners. Elle était simple et confortable, située au-dessus du garage, à la mode américaine. Mon voisin de palier était un étudiant de vingt ans qui s’appelait Craig. Joan m’avait apporté des draps de bain, moelleux, qui sentaient bon la lessive à la pêche.
Après avoir rangé mes affaires, j’étais redescendu sur les rochers, et j’avais plongé dans l’océan, avec la volupté du soulagement. Le soleil était en train de descendre sur l’horizon, et, selon une coutume bien établie là-bas, nombreux étaient les gens assis sur des bancs, à le contempler.
En ressortant, trempé comme un chien qui s’ébroue, j’avais apostrophé là une dame que je trouvais sympathique.
« Excusez-moi, mais je dois le dire à quelqu’un : je viens de prendre mon premier bain dans le Pacifique ! »
Etonnée, elle avait cillé, puis s’était mise à rire, un rire plein de gentillesse.
C’était ma première rencontre avec Neeva.
19:54 Publié dans Machine à remonter le temps, Voyage | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : san diego, la jolla, palomar valley
15.08.2011
Sardegna profonda
Mercredi 27 juillet
Ce matin, il pleuvait, encore plus qu’hier au lever du lit ! Nous étions debout un peu moins tôt qu’hier (7 heures) en prévision de la ballade d’aujourd’hui, mais finalement la météo nous a incités à traîner (moi surtout, qui tapotais des résumés pour mon blog) et nous n’avons pas décollé d’ici avant 10h30.
Nous avons bien fait de braver les intempéries. Aujourd’hui, TiNours avait planifié un circuit qui ne passait pas par les côtes. Une région, dans les terres, qui s’appelle l’Anglona. Nous avons commencé par Sedini, dont la principale attraction est une curieuse demeure creusée dans la roche calcaire, la Domus Sa Rocca (ou ‘de Janas’), datant de l’époque prénuragique. La visite est gratuite, on peut bien évidemment contribuer à la fondation qui l’entretient en donnant une obole à la fin, mais lorsque nous sommes remontés de la terrasse d’où l’on peut admirer le beau panorama sur la vallée, les deux jeunes gens qui s’en occupaient avaient fermé boutique, car il était midi passé. Les trois euros que nous avions prévus ont donc servi à acheter des expressos à midi, dans un petit snack-bar sur la route, après un repas de panini à Martis, village perché dans la montagne. Ensuite, nous avons enchaîné sur Montichiaro, les ruines de son château et surtout la belle vue qu’offre le site sur la vallée.
En reprenant la route, TiNours s’ébahit devant un troupeau de moutons qui font leur sieste post-prandiale, les uns debout, les autres couchés. Je descends donc de voiture pour immortaliser cet instant historique, et le gros chienchien préposé au gardiennage, qui devait bien s’ennuyer tout seul, est venu me lécher la main, et se faire gratter la pupuce derrière l’oreille.
Nous avons ensuite changé de région (pas bien loin, à quelques kilomètres de là, mais les ‘découpages régionaux’ sont aussi bizarrement agencés qu’en France), en visitant Ozieri, capitale du Montecauto. Elle est disposée en amphithéâtre et entourée de forêts. Après la visite de sa cathédrale, TiNours et moi avons failli ne pas retrouver la voiture, garée via Cavour (il y en a à peu près une dans chaque ville ou village italien, tout comme des vie Emmanuele dédiées au roi du même nom !).
Passage rapide vers les 16h à Oschiri, endormie dans la tiédeur de l’après midi. Peu de monde, et, tous les magasins étant fermés, nous n’avons pu goûter à la spécialité du coin, les panadas, pâte très fine farcie, soit de viande, soit de chair d’anguille. Tant mieux pour notre tour de taille...
Nous avons ensuite longé le Lago del Coghinas, lac articiciel créé en 1927 pour faire fonctionner la centrale hydro-électrique en contrebas. Nombreux beaux panoramas volés là aussi, par la magie du numérique. J’ai même pénétré en douce dans une propriété dont les propriétaires étaient absents, pour avoir un point de vue plus spectaculaire sur le lac. Je sais, c’est immoral.
De nombreux chênes avaient leur tronc dépouillé, laissant apparaître à nu l’intérieur de leur bois couleur ocre. On se demandait s’ils sont mangés par une variété quelconque d’animaux des bois. La solution est à la fois plus simple et plus compliquée. Les chênes en question sont des chênes lièges, et la Sardaigne est le principal fournisseur de bouchons à vin d’Italie. Elle vient également d’étendre son marché chez les Chinois qui commencent à produire du vin et apprécient les bouchons de liège. Le spectacle de ces arbres au tronc « déshabillé » a quelque chose de curieux !
Nous nous sommes ensuite rendus dans la capitale de l’Anglona, Tempio Pausania. Ville sérieuse et majestueuse, avec ses nombreuses maisons et ses pavés de grès un peu austères, mais très animée et bienveillante. De là, nous avons ensuite rejoint la maison, en passant (par hasard, il fait bien les choses) par la Vallée de la Luna, où les nombreux rocs éparpillés donnent effectivement l’impression d’être sur une autre planète.
Retour à la maison, à une heure décente, cette fois. Pour finir, la météo nous aime décidément bien, car la pluie s’est calmée vers les midi. Espérons que cela continuera demain, car nous avons prévu une excursion spéciale, qui ne peut se faire que par beau temps. ! En attendant, la journée se termine sur ce magnifique coucher de soleil, photographié depuis notre balcon. Y en a qui ont de la chance. En ce moment, c’est nous !
10:13 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : sardaigne, vacances, anglona






