18.09.2011
Kala chat nikov
Voilà bien longtemps que je ne m’étais pas aventuré dans la machinerie interne de mon blog, là où clapotent les secrets, du genre : « Qui s’est connecté, à quelle date, quelle heure, pourquoi, en suivant quel chemin... »
C’est surtout justement le chemin employé, qui donne lieu à des surprises intéressantes, en général. Qu’est-ce qu’on a tapoté dans le moteur de recherche pour arriver chez moi ? Ce matin, mes yeux écarquillés ont donc découvert ceci :
Je me demande au passage ce que les mystérieux internautes recherchaient, pour taper une phrase pareille.... Membres d’un groupuscule terroriste ? les Chalibans ? Al Chaida ? Mystère...

Et puis, j’ai eu une illumination. « Chat » ce n’était pas dans le sens « Minou » mais plutôt « discussion », « dialogue » comme on dit en anglais ! Ah ben voilà, tout s’explique !
MIMI TRAILLETTE : Slt
LANCELOT : Slt, koi 2 9 ?
MIMI TRAILLETTE : G dégommé 3 infidèles hier.
LANCELOT : Ouaaaaah mégacool, mais eske té pas fatiguée depuis ?
MIMI TRAILLETTE : Oué grav, mé fo bien faire avec.
LANCELOT : Oué la vie é dure, mais toi T toujours superbelle entouka
MIMI TRAILLETTE : Mr6
LANCELOT : Te kiff grav, j’T dans la po. Je parie que sous ta culasse tu é toute nue...
MIMI TRAILLETTE : Arrête, tu C que Ri1 né possible entre nous, chuis la meuf au chef des kadafistes.
LANCELOT : Nixamer à çuilà !!
MIMI TRAILLETTE : T toi, s’il te choppe il te fera boufé té roubignolles en grat1, lol
LANCELOT : Il sé planké, on nantan + parlé 2 lui
MIMI TRAILLETTE : Oué mé kan il ressortira sa fera mal
LANCELOT : Man fou de lui, moi j’arrête pas de pensé à toi, té tou ce ki me m1ti1 en vie, en plus mes vieux me font chié cé joursi pour que je repasse le bak.
MIMI TRAILLETTE : Galère, heureuseman ke G pa ce genre de pbm
LANCELOT : Ouais G raté a koz du salo ki ma korigé en fransé, il ma foutu 2, ce cronul.
MIMI TRAILLETTE : Pas cool sa
LANCELOT : Oué en + le fransé tou le monde s’en fou, ce ki konte cé de dir se kona dan le ♥
MIMI TRAILLETTE : Bon fo ke j’te kit gé du boulo on é assiégés à BaniWalid
LANCELOT : Fé gaf à toi ma puce, tu te reconnecte kan ?
MIMI TRAILLETTE : Chépa, dé ke possible, t’embrasse, à +
LANCELOT : à +
12:13 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
17.09.2011
Cartes blogstales
Les blogueurs, ça ne fait pas que bloguer
Ca poste-carde, aussi.
Et en cette fin d’été, je me sens tout content : trois cartes rien que pour TiNours et moi ! On pense à nous, on nous aime, on nous envoie des gentilleries, ici et là, depuis les quatre coins de France et de Navarre. (Navarre étant située outre-mer, soit)
Ce qui me plait particulièrement, c’est que chacune des photos reflète assez bien les caractères des expéditeurs.
La façon d’écrire aussi. Je connais, bien sûr, depuis le temps que je les côtoie à travers la toile, le style des uns et des autres. Mais il y a dans les écrits que j’ai sous les yeux un paramètre encore plus intéressant : les écritures !
Lignes espacées, partant en biais, avec optimisme, vers le haut. Des majuscules hardies, on distingue un rire entre les lignes. Le cœur qui bondit avec entrain, comme les vagues.
Une écriture ronde, qui part bien droit. Deux signatures, l’une bouclée, l’autre plus resserrée, avec un « y » qui part à la conquête du monde...
Un texte touffu, une écriture indubitablement féminine, des sentiments qui se pressent au fil des mots se bousculant. Une sensibilité à fleur de plume. Ecrire en quelques lignes tout ce que l’on n’a jamais eu l’occasion de se dire face à face, c’est un peu là le défi.
Fin de mon accès de poésie graphologique.
Mais surtout, merci à vous. Du fond du cœur.
20:28 Publié dans Blogpotes | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : blog, blogpotes, cartes postales
16.09.2011
Frenchies vs Murkins (Lancelot en Californie 3)
Bizarrement, en matière de prénoms, je ne me souviens que de Martine. J’ai oublié comment les autres s’appelaient.
Il y avait donc Martine, qui avait quitté son mari et sa fille en France pour venir vivre et travailler en Californie.
Son mec, on l’appellera Bernard. Français lui aussi. Je crois qu’il était là avant Martine, et qu’ils s’étaient rencontrés sur le sol américain. Qu’est-ce qu’il faisait dans la vie ? Je ne sais même plus. Il devait travailler en tant que responsable commercial dans une entreprise. De quoi ? Mystère....
Un copain à eux, un Français aussi. Marc, je crois. Un très beau mec, très brun, très bronzé, très dédaigneux, imbu de lui-même, et très con.
La nana de Marc, une Américaine. Lindsay ? Lizzie ? Je ne sais plus. Elle était jeune, blonde et pâlotte. Lorsque je les avais rejoints pour le Labor Day week-end, le torchon brûlait, apparemment, entre elle et Marc. Sombres et banales histoires de couples qui se font la gueule et se rabibochent...
Et puis, l’affreux qui était venu me chercher en voiture à l’hôtel. Un Américain métissé. Sa mère, je crois, était Bolivienne. Un visage couvert d’acné mal cachée par ses lunettes. Gonzo, oui, ça lui irait bien, ça, comme prénom. Il passait son temps à foudroyer Marc du regard, voire à l’engueuler, parce qu’il trouvait que ce dernier traitait Lindsay d’une façon absolument révoltante. J’avais fini ce jour-là par me dire que Gonzo était amoureux d’elle en secret. Genre Caliban et Miranda, dans la Tempête.
Enfin, l’élément rapporté : moi.
En toute honnêteté, je dois reconnaître que Martine avait fait des efforts pour me faire me sentir à l’aise. Elle m’avait emmené avec eux dans une virée qu’ils effectuaient à Palomar Mountain, au nord de San Diego. Il y avait là-bas un observatoire, que nous pouvions visiter. La nature, splendide, m’avait rappelé la Provence, par certains aspects. Il y avait de nombreux pins et résineux, notamment.
Mais une question continuait à me tarauder : où allais-je définitivement poser mes valises pour ce mois qui s’annonçait ? Martine était sympa, mais elle avait un côté très « Oh, ça va s’arranger, on verra bien demain... » qui avait tendance à m’angoisser. Après consultation des petites annonces, il s’était avéré qu’il y avait peu de chambres à louer pour un mois à un étudiant en transit. La plupart des gens préféraient louer pour une année universitaire. Je balisais... Ils me disaient de ne pas m’en faire, et je leur avais répondu que j’aurais préféré ne pas avoir à coucher sous les ponts. « Impossible... », m’avait répondu Bernard, hilare. « ...à San Diego il n’y a pas de ponts. » Comme c’était drôle. Faux, en plus, car il y en a un très célèbre, le Coronado Bridge. J’aurai l’occasion d’en reparler. Mais tout ceci ne résolvait rien. Le soir, au retour, Martine avait aperçu une amie à elle dans la rue, une vieille dame française. « Elle a une grande maison, elle pourrait accepter de te louer une chambre... » Sortie, conciliabules pendant que j’attendais dans la voiture. J’entends encore résonner la réponse de la vieille, venue du fond du cœur : « Ah non, sûrement pas ! ». Bon. Ce n’était pas pour ce soir-là. J’avais encore dormi à l’hôtel. Mes réserves financières fondaient. Mais j’avais entr’aperçu un écriteau sur une palissade « Room to let... ». Peut-être que... ? Le lendemain matin, j’y étais revenu, avec Martine. Nous avions poussé la porte. Un jardinet charmant, avec des tomates. Elle en cueille une, la mange. Moi : « Dis donc, tu n’es pas gênée ? » Elle « Oh, bofff, on est en Californie, ici, les gens n’ont pas les mêmes blocages qu’en France, tu sais... »
Ah... ? Bon.
Peut-être.
La propriétaire de la maison, c’était Joan. Elle était là, mais nous avait dit que celui qui s’occupait de louer les chambres (deux, dont l’une déjà prise), c’était Peter, son mec du moment. Bon, il faudrait donc revenir en fin d’après-midi. Martine, elle, partait travailler.
Je ne me souviens plus très bien de ce que j’ai fait ce jour-là, en attendant. Pas manger, c’est sûr. J’en étais à mon quatrième jour d’anorexie. Rien ne passait. Impossible. J’avais dû me promener dans le quartier, probablement. San Diego est une ville immense divisée en plusieurs districts (ou plutôt ‘neighborhoods’, à la mode californienne) comprenant Downtown, le centre ville, Balboa Park (au Nord), Mission Beach, Point Loma, et La Jolla. La Jolla était le quartier résidentiel, en bord de mer, où j’envisageais de loger, pour un mois.
J’avais dû me ballader sur la route longeant la plage, avec une boule au creux de l’estomac. Si je ne trouvais rien, je ne pourrais certainement pas passer un mois à l’hôtel, trop cher. Allais-je devoir avancer honteusement mon retour en France ? Cette seule idée me révulsait. Et après mes mésaventures à Travelodge, je n’avais plus du tout envie de me faire « guller »
Peter, beau quadragénaire barbu, avait examiné ma demande de location et mes arguments d’un œil suspicieux, puis avait secoué la tête :
« Well, no, I won’t even... »
Voyant mon visage qui se décomposait, il s’était mis à rire :
« No, I meant : you CAN HAVE the room. What I meant was : I won’t even ask you for a deposit.”
Ce qu’il voulait dire, c’est qu’il n’envisageait pas de me demander une caution pour le mois suivant, puisque je ne restais qu’un mois. Logique.
Ouf. J’avais la chambre. Et la possibilité d’y préparer aussi mes petits déjeuners. Elle était simple et confortable, située au-dessus du garage, à la mode américaine. Mon voisin de palier était un étudiant de vingt ans qui s’appelait Craig. Joan m’avait apporté des draps de bain, moelleux, qui sentaient bon la lessive à la pêche.
Après avoir rangé mes affaires, j’étais redescendu sur les rochers, et j’avais plongé dans l’océan, avec la volupté du soulagement. Le soleil était en train de descendre sur l’horizon, et, selon une coutume bien établie là-bas, nombreux étaient les gens assis sur des bancs, à le contempler.
En ressortant, trempé comme un chien qui s’ébroue, j’avais apostrophé là une dame que je trouvais sympathique.
« Excusez-moi, mais je dois le dire à quelqu’un : je viens de prendre mon premier bain dans le Pacifique ! »
Etonnée, elle avait cillé, puis s’était mise à rire, un rire plein de gentillesse.
C’était ma première rencontre avec Neeva.
19:54 Publié dans Machine à remonter le temps, Voyage | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : san diego, la jolla, palomar valley








