21.07.2011

Full Monty and Secret Me

C’est Piergil qui m’y a fait penser l’autre jour, en commentant ma note « 20 ans après » où j’évoquais, à l’occasion de mon retour au lycée Joffre, les épreuves du CAPES. Il m’avait dit, en taquinant la paillardise, comme toujours : « Oui mais et les épreuves orales d’homosexualité, comment ça s’est passé ? »

 

C’est marrant mais il est vrai que quelquefois le blog permet de revenir sur des choses enfouies, de les examiner, et de se dire, avec du recul : « Bon sang, mais c’est bien sûr ! »

 

Après avoir été admis au CAPES, il me fallait encore faire une année de stage, dans un lycée.  Je devais assurer six heures de cours hebdomadaires. Ca ne paraît pas mortel, certes. Sauf que bien sûr, ces six heures étaient assorties de deux journées hebdomadaires où l’on devait encore suivre des cours théoriques à l’IUFM. Des choses qui ne m’ont servi strictement à rien, par parenthèse. Mais, bon. Il fallait y aller, nous y allions. Et puis, et puis, il y avait tout le travail de préparation en amont, forcément beaucoup plus difficile pour un débutant que pour un prof aguerri.

 

J’avais été nommé, cette année-là, dans un lycée d’Aubagne, et encore une fois, par un incroyable coup de chance, il se trouvait que la seule et unique autre stagiaire en anglais était Elisabeth, ma meilleure amie à la fac, avec qui j’avais travaillé et révisé côte à côte pour le DEUG, la licence, la maitrise, et les épreuves théoriques du concours. C’était un hasard bienheureux, parce que, bien que l’on nous ait préalablement vanté le lycée en question comme étant excellent, question ambiance entre profs, c’était plutôt la bérézina. Nous étions respectivement chacun chargés de deux classes de seconde, l’une à 36 élèves, l’autre à 25. Sans maître de stage pour nous conseiller et nous assister, pendant le premier mois. Pour finir, une prof du collège s’était dévouée, et je dois dire qu’elle a vraiment été la seule à pouvoir m’apprendre quelque chose cette année-là. Les élèves, nous leur avons fait face en improvisant, au début. Ce fut assez dur.

 

L’ « examen » final consistait en une inspection qui clôturait l’année. J’avais beaucoup merdouillé au premier trimestre, et j’avais fini par comprendre ce qui plaisait aux inspecteurs. J’avais préparé un cours sur deux extraits vidéo, qui clôturaient une « séquence » où l’on avait travaillé sur l’acteur Montgomery Clift. A l’époque, ils passaient à la télé de petits films de 45, 50 minutes, résumant la vie d’une star hollywoodienne à chaque fois. J’avais précieusement enregistré le tout. Et le reportage qui me plaisait pardessus tout, c’était celui sur Monty.

 

Pas la peine d’aller chercher loin pourquoi. Ah, qu’il était beau. Ah, qu’il était craquant. Ah, et tourmenté. Et puis, son ambivalence sexuelle, voyez-vous.... L’émission ne l’évoquait qu’à mots couverts, choisis prudemment et soigneusement édulcorés, et bien sûr je n’avais pas osé évoquer « la chose » avec les élèves, mais il n’empêche : en revisionnant récemment les extraits que j’avais sélectionnés, mes motivations inconscientes me sautent à la figure. Dans le premier passage, la voix du commentateur explique « His screen protrayals affected men as well as women.... » Tout était dans la subtilité !

 

La qualité n’est vraiment pas top, et de plus le passage par YouTube a créé des distorsions entre image et son, mais rappelez-vous qu’il s’agit de repiquages d’une vieille, très vieille cassette video ! Indulgence !

 

 

 

 

Les extraits 2 et 3 sont ceux sur lesquels j’avais travaillé avec la classe le jour où j’avais été inspecté. Grammaticalement, il s’agissait de revoir les expressions concernant les ressemblances, les différences, les oppositions et les contrastes. La seconde video détaille les différences entre John Wayne, bon macho un peu bourrin, et Monty. John Ireland, l’acteur qui parle d’eux, avait joué une scène un peu tendancieuse avec Clift dans ‘Red River’ : il s’agissait de comparer la taille de... leurs pistolets... ! Ce détail est évoqué dans ‘The celluloid closet’ comme l’un des innombrables clins d’œil subliminaux que les artistes gays, acteurs, producteurs, réalisateurs, de l’époque, glissèrent dans leurs films comme une allusion qui pouvait déjouer la censure.

 

 

Le troisième extrait évoquait un parallèle entre Monty et Marilyn dans ‘the Misfits’, qui fut aussi le dernier film achevé de la jeune femme. Que le parallèle puisse être fait en raison de leurs problèmes psychologiques, à l’écran comme dans leur vie, ou de la sensibilité toute féminine de Monty, cow-boy tendre et paumé qui l’aide à relâcher les mustangs à la fin, les faits sont là. Mes extraits parlaient, eux aussi, à mots couverts, d’homosexualité. Ou, en tous les cas, d’ambivalence de sentiments.

 

 

Je me souviens avoir préparé ce cours soigneusement, sur tout un week-end, avec une exaltation et un plaisir rares. Je savais que cela marcherait. J’ai toutefois frôlé la catastrophe parce que le matin même de l’inspection, le magnétoscope dont je devais me servir pour le cours était tombé en panne ! Je n’étais même pas sur place et je n’avais pas eu l’occasion de m’affoler. Si je ne pouvais pas disposer de l’appareil, tout était foutu. Par chance, le documentaliste était au courant et il a remué ciel et terre pour que je puisse disposer d’un autre VCR à temps pour mon inspection. Un problème subsistait : il n’y avait pas de compteur sur le nouvel appareil, et bien sûr les deux extraits sur lesquels je voulais travailler avec les élèves ne se suivaient pas sur la cassette. A l’époque, trop compliqué de faire des montages ! J’avais résolu le problème en faisant des essais et en chronométrant le temps de rembobinage au préalable.

 

L’inspectrice avait été enthousiasmée, et j’avais eu une très bonne note. Les élèves de ma classe de seconde LV2 avaient été adorables, et je leur avais offert un coup à boire en fin d’année ! Coca et jus de fruits, pas champagne !  Pas par avarice, j’aurais bien volontiers déboursé sans compter, vu ma gratitude envers eux, mais je ne voulais pas que l’on puisse m’accuser de prosélytisme alcoolique... déjà que le sujet que j’avais choisi pour mon cours pouvait prêter le flanc aux soupçons...

 

Elisabeth avait été admise elle aussi, bien sûr. Nous nous sommes perdus de vue depuis, mais je lui dois à elle aussi, quelque chose. C’était elle qui m’avait signalé l’émission à enregistrer, que j’aurais pu rater.

26.05.2011

Benjamin ou les mémoires d'un puceau

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Au XVIII° siècle, au cœur de la campagne française, un jeune orphelin, qui a toujours vécu seul avec son précepteur, est recueilli par sa tante, une dame riche et noble, dans son château de Valandry. C’est là qu’en l’espace de trois jours, et lors d’une fête champêtre, il fera l’apprentissage de la vie mondaine, des femmes, et du libertinage.

 

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Le thème du film, et surtout son titre aux connotations un peu racoleuses pourraient laisser croire qu’il s’agit d’une histoire légère et superficielle. C’est tout à fait exact, à première vue. De fait, le film de Michel Deville, tourné en 1967, trouve son intérêt surtout dans sa forme, qui, paradoxalement, lui confère une certaine profondeur.

 

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La première partie est centrée principalement sur l’arrivée de Benjamin chez la Comtesse, sur son installation, ses premiers contacts avec le luxe, et surtout avec les femmes. Ses yeux de biche, sa douceur, son innocence le désignent d’emblée comme une proie rêvée pour les belles aristocrates en mal d’amour, amies de Gabrielle de Valandry, ou pour les soubrettes du château, délurées et sensuelles.

 

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Le Comte de Saint Germain, Philippe, amant de la tante de Benjamin, se prend d’emblée d’amitié pour le jeune homme et l’emmène faire son éducation libertine, en tant qu’observateur. C’est ainsi qu’au cours d’une de leurs chevauchées, ils font la connaissance d’Anne du Clécy, une jeune noble « orpheline mais très gaie », qui aime séduire et badiner. La Comte la convie à la fête qui aura lieu le lendemain au château de Valandry.

 

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Le décor somptueux du château de Saint Brice, près de  Cognac, les costumes élégants aux couleurs pastel, et surtout le rythme vif des danses (gigues, gavottes, menuets), sur des morceaux composés par Boccherini, Haydn, Mozart, Rameau, contribuent à donner à cette seconde partie la légèreté d’une bulle de champagne. Et c’est bien d’une bulle qu’il s’agit, située hors du temps et de l’espace : la date exacte des évènements reste vague, mais on peut néammoins, à certains indices, la situer vers la fin du règne de Louis XV. Aucune allusion à des guerres, à la misère ou à la famine. Maîtres et valets vivent dans une entente quasi-parfaite, et au fil de l’intrigue, on pense bien plus à Marivaux qu’à Victor Hugo.

 

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Benjamin, le héros, ne sert en fait que de prétexte à l’histoire. Les scénaristes ont utilisé le thème de sa virginité pour donner un fil conducteur à l’action. Au cours de la journée, il cherche sans cesse à faire une expérience amoureuse qu’ il ne parvient jamais à concrétiser. Les « initiatrices » potentielles sont pourtant nombreuses, toutes jolies, et fort désireuses de s’isoler avec lui. Mais jusqu’au soir, cela ne sera jamais possible, en raison d’une série de contretemps et de manipulations dont il est la victime. Si l’une des soubrettes l’entraîne dans une alcôve, une autre, jalouse, surgit toujours pour les interrompre sous un fausse raison, dans le but de s’accaparer à son tour le jeune homme. Si une grande dame lui fixe un rendez-vous, il le manque, parce qu’il a dû aller espionner le Comte sur la demande de sa tante. La jeune Anne du Clécy l’interrompt juste avant une rencontre galante pour l’emmener danser avec elle, afin d’attiser la jalousie du Comte. Tout le monde a besoin de Benjamin et se sert de lui pour des motifs personnels, mais au fond personne ne se soucie de ce à quoi il aspire, lui. Les femmes qui le pourchassent de leurs assiduités sont bien plus préoccupées de leur désir anticipé que du sien.

 

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Le film n’est en fait qu’une série de variations sur la poursuite du désir, insaisissable, qui ne se laisse jamais attraper, fût-ce quelques minutes. Or, dans cette société de marivaudage permanent, amour et désir sont très proches. La Comtesse, tante de Benjamin, est amoureuse de Philippe de Saint Germain, grand séducteur. Elle a réussi à le conserver comme amant pendant sept ans, en fermant les yeux sur ses infidélités, voire en les favorisant quelquefois. Or celui-ci, qui n’a jamais éprouvé d’autre passion que du désir, pour une femme, quelle qu'elle soit, tombe amoureux d’Anne du Clécy, la première à avoir osé se refuser à lui, sans toutefois le repousser de façon trop définitive. Ce que le Comte ne sait pas, c’est qu’Anne est bel et bien amoureuse de lui, mais qu'elle le dissimule habilement, car elle a compris qu’au jeu de l’amour et du hasard, le vainqueur est celui qui se fait désirer le plus longtemps possible. Le perdant est invariablement l’infortuné qui baisse sa garde et avoue trop tôt ses sentiments.

 

Anne : « Benjamin, je t’aime bien quand même... »

Benjamin : « Non, vous avez dit à Philippe que vous ne m’aimiez pas. »

Anne : « Oui, mais souviens-toi : avant, j’avais dit le contraire... »

Benjamin : « Mais vous mentez toujours... ! »

Anne : « Oui, toujours. Mais pas toujours... »

 

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Tout comme le désir qui est fugace et prêt à s’envoler au moindre souffle, la vérité est mouvante, changeante, voisine et même soeur presque jumelle du mensonge. On change de masque selon son intérêt, au gré des évènements, à tel point que les sentiments eux-mêmes ne savent plus où se ranger, et qu’aucune vérité n’est jamais immuable, aucune règle infaillible :

 

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Anne : « Madame, connaissez-vous le Dom Juan de Molière ? Ce méchant homme qui se fait aimer des femmes sans les aimer jamais ? »

La Comtesse : (regard en coin vers le Comte, qui écoute leur dialogue) : « Oui, nous le connaissons.. »

Anne : « Eh bien j’ai toujours voulu le rencontrer. Je me disais : ‘Moi, je le vaincrai. Il m’aimera, et moi pas.’ » 

La Comtesse (souriante) « Je crois que vous vous abusez. Dom Juan est invincible parce qu’il n’a pas de cœur. »

Anne : « Tout le monde a un cœur ! Il le faut bien pour vivre. Et pour danser ! Dansons la gigue ! » (elle intègre la farandole endiablée qui passe)

 

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Amours, jalousies, joies, désillusions, désirs, demi-vérités et faux mensonges se succèdent et se mélangent au rythme des danses et du déroulement de la fête. Aucun personnage ne demeure jamais plus de quelques secondes sur la touche. Dans l’échiquier permanent du « Cours après moi que je t’attrape », personne ne reste longtemps coincé dans une case. On rebondit et on saute dans la suivante :

 

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Benjamin (qui a raté un rendez-vous galant quelques minutes plus tôt) : « Madame... ! Madame.. Pardon... Mon retard, tout à l’heure... je voulais tant... Puis-je espérer que... ? »

Madame de Chartres (triomphante et ravie de se venger) : « Non ! »

(Elle se dirige vers le Comte qui n’a d’yeux que pour Anne, en train de danser) :

(câline et enjôleuse) : « Méchant ! Je ne vous ai pas encore vu, aujourd’hui... Vous me fuyez... ? »

Le Comte (sec et indifférent) : « Non : je ne vous cherche pas. »

(Dépitée, elle fait quelques pas, puis s’adresse gaiement à la Comtesse) :

Madame de Chartes : « Chère Gabrielle, quelle fête réussie ! »

La Comtesse (avec un sourire charmant) : « Merci ! » (elle tourne ensuite son regard anxieux vers le Comte, qui lui ne voit qu’Anne).

 

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Tout est résumé dans ces échanges fugaces : celui qui désire et réclame n’obtient rien, alors que celui qui se dérobe demeure l'inaccessible objet du désir. Et le gagnant est sans cesse susceptible de devenir perdant dans la seconde qui suit.

 

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Il est bien sûr difficile, voire impossible, de retranscrire la subtilité de ces scènes et dialogues imaginés par Michel Deville et Nina Companeez, car leur charme s’inscrit aussi dans le mouvement incessant, les regards et les gestes ébauchés, ainsi que les non-dits, qui sont presque palpables. Pierre Clémenti trouvait là un premier rôle en décalage avec les personnages un peu sombres et torturés qu’il avait incarnés jusqu’alors, dans sa carrière encore jeune. Deneuve, fraîche et lisse comme un jeune fruit, était idéale dans le rôle de la pucelle effrontée et apparemment sûre de sa séduction, malgré son inexpérience. Enfin, qui d’autre que Piccoli, âgé de 42 ans à l’époque, pouvait incarner le Comte, incroyablement séduisant dans sa maturité ?

 

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Toutefois celle dominant tous les autres, selon moi, reste Michèle Morgan,  pour des raisons liées à la fois à son talent et au personnage de la Comtesse. Elle est, peut-être, la seule protagoniste à refuser, au bout du compte, les règles absurdes imposées par le jeu de l’amour et du désir, pour se résoudre à baisser sa garde et en assumer les conséquences : elle sera malheureuse. C’est là la leçon de son expérience, et de la maturité. Sa beauté est différente de celle d’Anne, sa rivale. Cette dernière a la splendeur du printemps. La Comtesse reflète la douceur de l’automne. Mais la fête qu’elle donne a lieu justement « à la fin de l’été », dans son château de Valandry où elle a recueilli Benjamin. Les domestiques l’aiment, parce qu’elle est indulgente, bonne et généreuse. Et même si le Comte libertin est tombé sous le charme de la jeunesse d’Anne, c’est Gabrielle, la Comtesse, qui sort vainqueur de leur éblouissant face à face, parce qu’elle emporte l’adhésion et la sympathie du spectateur. Elle reste la Reine de la fête qu'elle a conçue et initiée.

 

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Au final, y a-t-il quelque chose qui ne m’ait pas plu dans ce film ? Oui : la fin. L’idée de la chute est très belle, mais d’un point de vue concret, purement cinématographique, elle « casse » un peu le rythme plein de vie et de charme de la fête, malgré les petits moments mélancoliques que celle-ci comportait, elle aussi. Mais ces instants étaient toujours absorbés et dissous dans le rebondissement, la danse suivante. Le mouvement exorcisait la tristesse, c’est pour cela qu’on aurait voulu que le feu de la fête ne s’éteigne jamais.

 

 

 

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Le film avait reçu le prix Louis-Delluc à l’époque. C’est l’un de mes films préférés. Vous l'aviez peut-être déjà compris en lisant ma note ? Aurais-je encore  ‘trop écrit’  ? « Oui, et en déflorant un peu trop l’intrigue » rajouterait l'une de mes anciennes connaissances (un comble, pour parler d’un film avec un titre pareil !). C’est possible. Etre intarissable sur les sujets qui me passionnent, c’est ma constante. Je parlais depuis des années de « Benjamin » à TiNours qui ne l’avait pas vu, en me désespérant de jamais le trouver en DVD ! L’autre matin, en me levant, j’ai découvert que les lutins de ma boîte magique l’avaient déposé au pied du lit, ou presque ! Je sautais comme un cabri ! Une joie que je me devais de faire partager. Pour TiNours, c’est fait, il a vu le film et l’a aimé. Pour les lecteurs de ce blog, j’ai essayé, mais je ne suis peut-être parvenu, en définitive, qu’à saouler ! Si c’est le cas, je m’en excuse, mais, quoi qu’il en soit, si vous avez déjà vu le film, vous serez sûrement d’accord avec moi. Sinon, il faut vous débrouiller pour le voir de toute urgence ! En ces temps de télé-réalité et de vulgarité universelle, il y a peu de chances pour que du champagne aussi finement frappé soit servi sur une des chaînes traditionnelles. Faites comme moi, utilisez la Boîte à Lutins !

 

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(PS : Valérie, j'ai pensé à toi : on peut cliquer sur les photos pour les agrandir ! )

23.03.2011

When Cat is away, mice feel dismay

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Minute de silence.

 

TiNours vient de m’annoncer ça.

 

Putain.

 

Tout un pan de mon enfance qui s’écroule.

 

J’étais tombé amoureux d’elle, je devais avoir sept ans. J’avais commencé par me laisser prendre à son charme juvénile dans les Lassie, et puis, surtout, dans ‘Raintree Country’ qui m’avait bouleversé. Notamment la scène finale où Montgomery Clift la retrouve morte dans les marais, alors qu’elle était partie chercher l’arbre à pluie d’or.

 

Sans oublier Cléopâtre, où la distinction de sa diction anglaise la rendait adorablement incongrue, et donc parfaitement à sa place, dans ce décor de l’Egypte antique.

 

J’avais déjà parlé d’elle plusieurs fois dans ce blog. La perfection de son jeu dans le rôle de la virago pathétique dans « Who’s afraid of Virginia Woolf ? ». Son autre duo avec Richard Burton dans « Taming of the Shrew »

 

Sans oublier, évidemment, “Cat on a Hot Tin Roof”, qui réunissait trios de mes idoles : elle, Paul Newman, et Tennessee Williams dont la pièce était adaptée pour l’écran.

 

Ils sont morts tous les trois aujourd’hui, et je me sens un peu plus vieux.

 

Pas de résumé romain ce soir, donc.

 

On change de programme.

 

Hommage à Liz, qui a été bien plus, bien plus qu’une star avec neuf maris.