17.10.2011

Rencontre avec une Star du Web

Dimanche 11h50, le téléphone sonne.

 

« Allo ? C’est toi ? »

« Ben oui c’est moi... »

« Alors tu es où ? Loin de chez nous ? »

« Une galère, je suis perdu... »

« Perdu, euh, où ça ? Tu es arrivé à Montpelliers-les-Orbes, tout de même ? »

« Ah ben je saurais même pas te dire ! »

« Euh ! Mais tu n’as pas un nom de rue ? »

« Ben si, je suis dans l’impasse Emile Zola »

« Mais c’est chez nous ça... il me fait marcher ce con ! Bon tu es devant notre portail ? »

(Petit rire) « Ben voui, je crois... »

« Bon ben attends, je viens t’ouvrir.. »

 

Honnêtement, en ouvrant la porte, je me disais « Quelle émotion... ! Le voile se lève sur un mystère qui dure depuis des années !!! Je vais enfin me retrouver face à face avec le grand, le mystérieux, l’inénarrable, l’ineffable Piergil ! »

 

Je me suis retrouvé devant lui, souriant, et moi dans mes petits souliers. Première constatation, c’est bien un homme, n’ayez plus de doutes, M’sieurs dames. Je l’ai flairé en lui faisant la bise, pour vérifier. Et les odeurs d’homme, je m’y connais. Oui oui, Piergil c’est bien un Monsieur. Ou en tout cas, ‘elle’ cache bien son jeu !

 

Mais je vous sens, très chers lecteurs, haletants, pantelants, pendus à mes lèvres, ou plutôt, à mes doigts qui s’agitent frénétiquement au-dessus de mon clavier... Plume bouffe son stylo, piaffant pour compléter son carnet de notes policières... Calyste, bougon, agite le pompon de son bonnet de nuit (ben oui, les blogs ça se lit avant d’aller dormir) : « Alors tu la craches ta pastille Valda ? » Cornus, mauvaise langue, reprend une lampée de mauvais Viognier bourguignon qui tache : « Poufff, quel cinéma, ce Lancelot... ». Fromfrom essaie de lui confisquer la bouteille, il l’écarte d’un geste. Tout le monde a les yeux rivés sur l’écran.

 

Alors, comme nous disions hier : grand ? petit ? brun ? blond ? chauve ? mince ? enrobé ?

 

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Ce qu’il faut bien savoir, c’est que je suis tenu au secret professionnel. Vous vous doutez bien que Piergil ne s’est pas donné la peine de dissimuler si longtemps son identité pour que je joue les paparazzi indiscrets.

 

Mais, je peux tout de même vous donner une liste de quelques détails, glanés (à grand peine ! car il reste discret, ce coquin !) au fil de la conversation, sur lui :

 

Piergil est du même signe zodiacal que moi

Il chausse du 38 (ou peut-être du 39 ?) : des petits petons en tout cas.

Il a plané toute une partie de sa vie.

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Il a fait un jour une rencontre brutale avec une servante de Dieu

 

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Cette rencontre a bouleversé sa vie.

Il sait faire le couscous (avis aux amateurs...)

Il n’a guère travaillé à l’école jusqu’en terminale, lorsqu’il a compris qu’il devait bosser un tout petit peu.

Il possède des mûriers platanes dans son jardin

Il habite un endroit considéré comme l’un des plus beaux de France

Il a un excellent appétit.

Il préfère se fier à son GPS plutôt qu’aux indications de direction que vous lui avez données au téléphone.

Il est quelquefois réveillé la nuit au téléphone par des anglais qui lui expliquent que leur femme est chaude...

Il est sujet au vertige lorsque ses pieds touchent le sol, mais pas lorsqu’ils sont en l’air.

Il s’habille chez ForMen (c’était écrit sur un sachet qu’il nous a laissé)

Si vous l’invitez chez vous pour un repas, vous pouvez être certain qu’il vous apportera à manger et à boire pour trois semaines en contrepartie, c’est un invité très... rentable !

 

Et puis, j’allais oublier l’essentiel : il est super-adorable.

 

En sa compagnie, nous avons passé une journée délicieuse. D’après la météo, au départ le ciel devait être gris, mais pour finir tout allait bien malgré quelques cumulus, et nous avons mangé sur la terrasse, malgré la brise un peu fraîche. J’allais oublier ce détail : il n’est pas frileux ! Moins que nous en tout cas !

 

J’espère que nous aurons l’occasion de l’accueillir encore d’autres fois, peut-être pour plus longtemps, qui sait ?

 

 

Pour terminer, je vous laisse, comme un gage d’authenticité, cette photo de lui. Ne l’écoutez pas s’il vous dit que c’était un autre, de toute façon nous avons conservé ses empreintes et son ADN !

 

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16.10.2011

A SCOOP !

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A la fin des années 70, quand je regardais des séries américaines, l’une de celles que j’aimais bien était 'Drôles de Dames' ('Charlie’s angels') où Farrah Fawcett faisait ses débuts. C’était, comme la plupart le savent, l’histoire de trois nanas détectives en Californie, qui enquêtent sur des affaires diverses. Elles avaient été réunies par Bosley, un sympathique patron rondouillard et débonnaire, travaillant lui-même pour le mystérieux Charlie en question. Les ingrédients plaisaient au public, à l’époque. Les détectives étaient à la mode (Kojak, Mike Hammer, Magnum) mais ça marchait encore mieux s’ils travaillaient en équipe (Starsky et Hutch). On aimait aussi les bimbos en maillot de bain (Dynasty, Dallas) mais toujours spirituelles, indépendantes, sportives et cascadeuses, une mode qu’avait lancée Mrs Peel une quinzaine d’années plus tôt dans ‘Chapeau melon et bottes de cuir’.

Les drôles de dames et Bosley oeuvraient tous les quatre pour l’énigmatique « Charlie », le chef « d’en haut » dont on entendait la voix au téléphone, mais qu’on ne voyait jamais, sauf quelquefois de dos, dans son fauteuil. Les filles n’avaient de contacts avec lui autres que téléphoniques, d’ailleurs. Une petite dose de mystère et d’humour dont chaque histoire était assaisonnée.

A la fin de  l’un des épisodes de la première saison, après avoir brillamment réussi une de leurs enquêtes, comme toujours, Kelly, Sabrina et Jill se retrouvent dans un restaurant pour épiloguer sur tout cela. Et au moment où elles demandent la note, le serveur leur dit « Pas la peine, mesdames, la note a déjà été payée par le monsieur qui était assis là-bas au fond de la salle, et qui vient de partir. Il m’a chargé de vous transmettre cela ‘Avec les compliments de Charlie’ ». Coup de théâtre. Et là, elles deviennent toutes les trois hystériques : « Comment était-il ??? » « Est-ce qu’il avait une barbe ? » « Est-ce qu’il était seul ? » « Quel âge avait-il environ ? » et bien sûr le serveur se met à bégayer, ne sait pas répondre précisément, et l’épisode s’achève ainsi.

 

Il y a des gens comme cela, dans la vraie vie, qui se manifestent, montrent le bout de leur nez, et puis disparaissent. On se demande, après ce premier contact, qui ils peuvent bien être. Et puis ils reviennent, laissent un commentaire, refont parler d’eux, et ensuite filent à nouveau, discrets comme des petites souris. On se dit « la prochaine fois je l’aurai ! », et la fois suivante on clique sur le lien qu’ils ont laissé, mais ça ne débouche pas sur le résumé de leur quotidien, sur des clichés de leurs vacances, ou une identité claire. On arrive sur des des photos-montages, des blagues, des extraits video, des chansons, ou sur YouTube, mais jamais, jamais, jamais sur une identité bien définie. Le flou, le mystère, peuvent avoir leur charme, c’est certain. Mais, en ce qui me concerne, permettez-moi de faire ma Drôle de Dame, c’est rageant, zut ! Je veux savoir, crotte de bique !! Vous avez bien compris de qui je parle depuis cinq minutes, bien sûr. Mais qui est Piergil, à la fin ??? Un farfadet coquin, un lutin malicieux, un blogueur sans blog, un être insaisissable, qui apparaît, disparaît, revient, vous laisse des semaines sans nouvelles  pour revenir vous pincer l’oreille par derrière et vous aiguiller vers ses dernières créations, des montages à hurler de rire, des messieurs à moitié nus, ou à moitié habillés, c’est selon, des puzzles où il aura collé votre tête, votre main, votre jambe, et la suite au prochain numéro ?

 

Non, moi, face à Piergil, j’ai toujours hésité entre le fou-rire et la frustration hystérique, et pour finir j’en étais resté aux fous-rires hystériques, mais ce n’est pas une vie, cela, enfin.

 

Vous ne trouvez pas ?

 

Encore une fois, d’aucuns me diront qu’à toujours vouloir voir, rencontrer, connaître, on risque déception, désillusion, déconvenue, déboires, dépit, désappointement, et des tas d’autres choses... Mais, Lancelot, il est têtu comme une mule, et quand il a une idée en tête, il ne l’a pas ailleurs. Lancelot voulait savoir qui se cachait derrière le mystérieux Piergil. Grand, petit ? Jeune, vieux ? Blond, brun ? Blanc, noir ? Et même : homme ou femme ? Qu’en savait-on, au final ??? Certes, il/elle avait semé derrière lui, tel le Petit Poucet, de nombreux indices, mais il/elle est tellement farceur/farceuse, comment savoir exactement si l’on avait vraiment affaire à qui on croyait avoir affaire, sachant qu’il/elle aimait faire son impalpable, son insaisissable, son intouchable, son immatériel ?

 

Moi je voulais savoir. Et ce soir, je peux vous l’annoncer. Scoop plus formidable que le résultat des primaires socialistes :

 

Piergil existe, je l’ai rencontré.

 

 

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19.09.2011

La règle de trois, de Troie, de Croix !

 

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L’autre jour, Plume disait en commentaire qu’elle n’avait jamais su calculer une règle de trois. Voilà bien le style de déclaration susceptible de m’émoustiller. J’adore expliquer ce style de bêtise. Ouste, viens là, Bicotine, on va faire un tout petit peu de calcul ensemble.

 

Ca y est, elle chiale...

 

Non non, crie pas, pleure pas, te roule pas par terre, mouche-toi. C’est pas des maths, promis juré !!! C’est pour faire la cuisine !!! Je te jure, ma Plume, écoute-moi, arrête de brailler ! On-va-pas-faire-des- maths-on-va faire–de-la-cuisine !!! Tu veux bien ????

 

Elle me regarde d’un air méfiant... Bon. Pendant qu’elle se calme tout doucement, en reniflant, écoutez-moi, vous z'autres...

 

Avant toute chose, il faut savoir qu’il vous faut déposer à l’entrée tous vos préjugés, toutes vos réticences, tous vos dégoûts et désagréables souvenirs antérieurs.

 

Quand j’étais gamin, je me disais, pour me donner du courage « C’est la Règle de Troie », ça évoquait en moi des chevaux géants, une ville assiégée par de beaux grecs musculeux, etc etc. Bref. Tout ce qui peut amuser, plaire ou attirer, moi, j’utilise.

 

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professeur-t7102.jpgElle n’est pas compliquée du tout, la règle de trois, et elle peut rendre des services dans la vie quotidienne. Pour savoir l’appliquer, il suffit d’être ordonné et logique, et de suivre un schéma simple. C’est tout bête.

 

La règle de trois sert à résoudre ce genre de problème :

 

Je veux faire un gâteau. (Tu vois, Plume, t’ai pas menti. Mouche-toi, je te dis). Sachant que d’après la recette, pour six personnes il faut utiliser trois œufs, 175 grammes de farine et 80 grammes de beurre, quelles sont les proportions exactes pour huit personnes ?

 

Alors, c’est  pas dur du tout. Avant tout, il va falloir ranger. C'est-à-dire, mettre côte à côte la recette pour six personnes, et la recette pour huit personnes.

 

D’abord, se souvenir qu’on ne regroupe pas dans les mêmes catégories ce qui n’est pas « regroupable ».

 

De quels paramètres je dispose ? D’un côté, les gens, les invités, les convives, enfin ceux qui vont bouffer le gâteau une fois qu’il sera prêt, et de l’autre, tout ce qui est alimentaire : œufs, beurre, farine.

 

Et je me pose une série de questions simples :

 

La première : les oeufs

 

Pour six personnes, il me faut trois œufs

Pour huit personnes, combien m’en faut-il ?

 

maths, règle de trois, plumeCombien il me faut d’œufs, c’est un nombre que je ne connais pas, et que je vais appeler X. On se calme. Je vous entends d’ici : « Ouaaah, encore de l’algèbre, fait chier, j’avais horreur de ça à l’école... » Pas de quoi avoir peur. Plume est déjà retombée en syncope, mais elle va se remettre. En attendant, pour les autres : le but de l’enquête, c’est de l’identifier, le petit X. En d’autres termes, savoir combien il me faut d’œufs. X, c’est le nombre d’œufs nécessaire à un gâteau pour huit personnes. Pas de raison de partir en courant.

 

C’est là qu’on va oublier les mots pour simplifier au maximum sous la forme :

 

6 à 3

8 à X

 

Je n’ai fait que schématiser au maximum les deux phrases écrites plus haut.

 

C’est là toute la clé de la chose. On dispose d’un élément inconnu, X. Et de trois éléments connus, qui vont nous aider à connaître le quatrième, donc à identifier X. D’où le nom, règle de trois.

 

Ici, il faut se représenter une croix. Rien de christique ni de métaphysique, simplement une croix, comme un signe « multiplier ». A une époque, j’ai cru aussi que c’était la « Règle de Croix » !!!

 

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Et justement, on multiplie en suivant la croix, que j’ai dessinée en rouge, mais rien à voir non plus avec l’organisme humanitaire. Ils ne viendront vous chercher que si vous craquez et faites une dépression, mais vous n’allez pas craquer, n’est-ce pas ?

 

6 fois x = 3 fois 8

 

Et si vous savez résoudre une équation (ça c’est niveau quatrième, tout de même...) :

 

x = 3 X 8

      6

 

 

 Nombre d’œufs nécessaires à ma recette : 24 divisé par 6 = 4 œufs !

 

Ensuite on peut faire pareil avec la farine :

 

Pour six personnes il me faut 175 grammes

Pour huit personnes il me faut x grammes

 

Donc quantité de farine nécessaire (je trace ma croix mentalement) :

 

x =  175 X 8 = 234g

          6                                                                                                       

(j’arrondis)

                                                                                                                         

maths, règle de trois, plume

 

 

 

Et voilà, pareil pour le beurre, etc etc.

 

Plume suce son pouce et me regarde d’un œil rond. Elle est tout étonnée. Elle a compris, et maintenant en plus elle va nous préparer un bon gâteau.

 

Ou m’envoyer le mélange à la tête ?

 

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