06.11.2011
Fermeture en musique

« Vous avez atteint 95% du quota d’espace disque qui vous est alloué.
Si vous souhaitez libérer de l’espace-disque, il vous suffit, via le tableau de bord, de retirer des fichiers. En revanche, si vous souhaitez conserver l’intégralité de vos archives, nous vous proposons de souscrire à notre offre Pro »
Gnia gnia gnia gnia, passez au tiroir-caisse.
Allez, zou, on re-déménage. Mais en musique, ça vous dirait ? Histoire de clôturer sur une note gaie.
Bizarrement, j’ai encore la possibilité, apparemment, de glisser un fichier musical. Profitons-en. Je l’aime, bien celle-là. "If you leave me now", c'est de circonstance, non ?
La nouvelle maison, c’est ici.
17:49 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Je sens que je vais pleuvoir...
Quand, suite à l’annonce de sa mutation depuis le Nord, TiNours était descendu pour chercher un appart sur Montpellier (le 22 septembre 2003, pour être précis) il avait été accueilli par des bourrasques de vent, des trombes d’eau, un lac artificiel créé exprès pour lui sur la place de la gare, et des gens affolés qui cherchaient à regagner leur domicile en pagayant dans leurs voitures... j’exagère à peine ! Le lendemain, le soleil brillait mais les visites auprès d’agences immobilières se soldaient invariablement par des : « Mon bon Monsieur, on est occupés à récupérer nos PC au sèche-cheveux, et à balayer la boue, nos boîtes à fichiers ressemblent à des marmites de soupes Knorr, alors on ne va pas vraiment pouvoir être opérationnels ! »
A cela se rajoutait la difficulté congénitale à trouver un appartement à louer sur Montpellier. C’était un peu la déprime pour mon z’Hom à moi. Mais enfin, bref, tout cela s’était heureusement bien terminé : il avait déniché par hasard un F3 bien situé, qui s’était libéré la veille, par un coup de chance incroyable.
Bref, cette météo peu accueillante était prémonitoire. Non pas de l’hospitalité montpelliéraine en général, dont nous n’avons jamais eu à nous plaindre par la suite, mais de ces déluges d’équinoxes, qui sont plus marqués en automne qu’au printemps, chez nous. J’aime le mot « équinoxe » même s’il n’est pas lié directement à la pluie. Je le trouve poétique. TiNours, lui, préfère parler d’ « épisode cévenol », et il a raison, c’est plus précis, plus exact. Ces derniers jours, nous avons navigué d’équinoxeries en cévenolités, et ramé entre tempêtes et moussons.
A quoi c’est dû, au fait, ces déluges en automne et (dans une moindre mesure) au printemps ? Eh bien c’est assez simple : à la fin de l’été (même et surtout s’il a duré longtemps) l’air chaud accumulé au-dessus de la Méditerranée remonte dans le Golfe du Lion (c’est ce que la dame Météo appelle invariablement ‘les entrées maritimes’ : une belle cochonnerie !), un phénomène récurrent ici mais qui a une forte ampleur en automne. L’air chaud et humide rencontre donc en altitude l’air froid du Nord, rendant l’atmosphère très instable et orageuse. Là encore, ça n’a rien que de très banal. Mais la présence de la barrière des Cévennes fait que les précipitations, au lieu de s’évacuer, vont buter sur le relief et revenir en arrière, puis en avant, tourner en rond, quoi. Et, ce faisant, le nuage se reforme constamment et va déverser en boucle des cataractes d’eau sur une région géographique circonscrite entre mer et montagne : l’Hérault, le Gard, la Lozère. Cela peut aussi, bien sûr, affecter d’autres départements, à l’est ou à l’ouest : le Vaucluse, les Pyrénées orientales. En ce moment même, selon les informations, c’est le Var qui est très touché, notamment à Brignolles.
Le résultat, ça peut être des inondations catastrophiques, comme à Valleraugue, petit village cévenol, en 1900, ou, plus récemment, à Nîmes en 88, à Vaison la Romaine en 92, ou encore à Sommières en 2003, pour fêter en fanfare l’arrivée de TiNours.
On a fini par s’habituer, même si les conséquences peuvent être dramatiques. Il y a eu un noyé en Hérault, avant-hier. Nous ne sommes pas dans une zone inondable, ce qui n’empêche pas les dégâts et désagréments : chute de branches, infiltrations, cours et piscine jonchées de détritus divers, un volet abîmé cette année. Mais, bon, rien de grave dans l’ensemble. Même si cette fois je trouve ceci de particulier à l’ « épisode cévenol » il dure. Jusqu’ici nous n’avions connu que des déluges durant deux jours, trois maxi. Là, ça tourne, ça vire, ça s’en va et ça revient, avec une intensité variable, mais depuis près d’une semaine.
Le bruit de la pluie battante a deux effets sur nous. Le premier, plutôt apaisant. Au départ, c’est toujours comme ça. Plaisir de se sentir au chaud et à l’abri quand la tempête gronde. On est incités à « cocooner ». En cuisinant, à deux. Ou en s’occupant de grosses bêtes. J’en avais parlé déjà, ici, et là, et là aussi.
Mais, les câlins-chienchiens, et les préparations de gourmets, ça ne dure qu’un temps. La lassitude, et même l’angoisse, lorsqu’on se dit que petit dégât pourrait devenir grand, finissent par s’infiltrer, elle aussi, insidieusement. Vivement que tout cela s’évacue ! J’ai retrouvé hier par hasard ce poème de Charles Van Lerberghe, appris au CP. Alors que des trombes se déversaient sur le secteur, son côté un peu suranné m’a au moins fait rire, un peu :
(...) Sur des tapis de fleurs sonores,
De l'aurore jusqu'au soir,
Et du soir jusqu'à l'aurore,
Elle pleut et pleut encore,
Autant qu'elle peut pleuvoir.
Puis, vient le soleil qui essuie,
De ses cheveux d'or,
Les pieds de la Pluie.
Le soleil, il a dû s’attarder pour faire fignoler sa mise en plis chez le coiffeur !

11:26 Publié dans Météo | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : pluie, intempéries
03.11.2011
La vérité, couleur de nuit
Je croise des élèves, connus, un peu, inconnus, beaucoup. Je demande : « Dans quelle salle avons-nous cours ? » « Mais nous sommes divisés en deux groupes », me répond l’un d’eux. « Moi je vais dans l’amphi A ».
J’y vais aussi, pour m’apercevoir que trois cours y ont lieu simultanément, dans trois rangées différentes. Un peu éberlué, j’essaie d’assurer le mien, pour cette heure-là, du moins, en me disant que j’irai ensuite voir l’administration pour me plaindre et demander un changement. Le bruit des voix des deux autres professeurs à côté ne me gêne pas, pas trop. Mais je sens tout de même la tension monter, lentement, jusqu’à ce qu’une élève boudeuse, à qui je viens de rendre une mauvaise note, devienne tout à coup très agressive verbalement et prenne le reste du groupe d’étudiants à témoin en lisant des extraits de sa copie et mes commentaires, pour illustrer l’injustice dont je fais preuve. J’essaie d’intervenir, de me justifier. Peine perdue : mes mots sans conviction réelle tombent dans le vide.
J’ai repassé un examen que je n’ai pas eu le temps, comme d’habitude, de préparer. J’ai bâclé tout ça et un professeur me rend ma copie pour l’épreuve de français : 07/20. Est-ce à mon tour de bouder, de faire un scandale ? Eh bien non, j’assume. Je sais que je l’ai préparé à la va-vite, ce devoir. « Half-baked » comme disait Nancy, la prof avec qui je travaillais en Amérique. « A demi-cuit » , si vous préférez. Mais, cuit ou pas, le résultat est là, impitoyable : 07/20. Je crâne un peu, je fais le blasé, je dis aux autres que cela ne m’étonne pas, vu le travail investi. Mais, intérieurement, je me sens encore tendu. Ca ne se transforme pas en angoisse, non, mais la tension est là, qui clapote, latente, insidieuse, omniprésente, écoeurante.
Nous étions à Venise, TiNours et moi. Nous avions loué une voiture. Une espèce de Renault Espace, le genre grosse et volumineuse. C’était moi qui conduisais. TiNours était assis à l’arrière. Il n’y avait personne à côté de moi, sur le siège passager. Pourquoi cela ? Je n’en sais rien. Il avait plu, énormément. L’eau atteignait la calendre. Je roulais, lentement. La rue se rétrécissait. Et la tension montait, encore et toujours, au même rythme que le niveau de l’inondation et le resserrement de la voie. Mon cœur battait, d’anxiété. « Mais où est-ce que je dois aller ? » « Je n’en sais rien, c’est toi qui conduis, débrouille-toi » me répondit TiNours. Cette fois, la tension, c’est trop. Je me retourne, est-ce que c’est bien lui, celui qui me parle ? Je n’y comprends plus rien.
Et je me réveille.
Incapacité à juger objectivement.
Peur d’être évalué à ma juste valeur.
Angoisse de ne savoir où aller, sans conseil aucun.
Entre chaque bilan, à chaque fois, des minutes, parfois des heures, d’insomnie silencieuse, dans l’odeur de sueur de ces cauchemars qui n’en sont pas.
Juste des bouffées de lucidité, entre deux éclairs du jour.
Pour me rappeler de ne jamais me prendre au sérieux.
23:43 Publié dans Les états d'âme de Lancelot | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note


