30.09.2011

Des petits riens, qui énervent...

Devoir de deux heures avec les BTS 2° année, ce matin.

 

Je prends le relais dans la salle derrière le professeur de français qui termine son cours et me dit : « Nous avons une nouvelle élève. »

Ah ? De 33 étudiants, on passe à 34. Bon.

 

a7.jpgC’est le genre Petite Souris, la nouvelle. Donc je lui souris, c’est de circonstance. Elle s’appelle Eulalie. Je lui souhaite hypocritement la bienvenue en me disant que je vais avoir une copie de plus à corriger, youpla boum tralala, et je lui demande de me remplir une fiche avec les renseignements habituels. Elle me dit : « Vous voulez aussi que sur la fiche, je vous parle de mon niveau d’anglais ? » Rien qu’à voir son regard, j’y lis de mauvaises nouvelles. « Parce que vous savez, mon niveau est très bas... blablabli... j’ai toujours eu de grosses difficultés en langues... blablabla... je suis inhibée à l’oral... blablablo... manque de vocabulaire... blablablu...» Bref, un refrain que j’entends dix fois, minimum, à chaque rentrée. Je lui fais un autre sourire rassurant et encore plus hypocrite, et je lui dis que tant qu’elle fait des efforts, rien n’est perdu. Déjà, elle va se mettre en train en essayant de composer sur le devoir d’aujourd’hui.

 

shirlandamy2-150x150.jpgComme je les avais l’an dernier, je connais toute la classe. A la rentrée, l’administration en avait déjà rajouté deux, de nouvelles : Adélie, et Noémie. Chacune à leur tour, elles étaient déjà venues me confier, début septembre, sous le sceau du secret, que leur niveau était pas terrible, blablabli, qu’elles avaient toujours eu beaucoup de mal en anglais, blablabla, qu’elles n’osaient pas se manifester oralement, blablablo, qu’elles manquaient de vocabulaire, blablablu.

 

Eulalie, Adélie, et Noémie.

En anglais, c'est mal parti.

Et je sens que pour moi aussi.

 

Je rêve du jour où un élève débarquant en octobre me dirait : « J’ai été candidat au concours général en anglais... bla... J’ai vécu deux ans à Birmingham... blabla.... A la maison avec mes parents nous adorons parler à table la langue de Shakespeare... blablabla... Je ne regarde que des films en VO non sous-titrée... blablablabla.... »

 

Ca n’arrive jamais, bien évidemment.

 

devoir-ecole.JPGBon, c’est pas tout, ça, faut démarrer le devoir. Pendant qu’ils s’installent tous, je leur dis que l’épreuve est en deux parties, un compte rendu en français et une lettre commerciale, et que comme je ne leur rendrai pas les deux en même temps, je veux qu’ils me rédigent ça sur deux copies différentes. Je réécris les instructions au tableau, des fois qu’ils aient mal entendu. Quelques retardataires arrivent, je répète. « Deux copies, blabla, je vous rendrai les deux épreuves séparément... blablabla... »

 

angry-prof.JPGEt bien sûr, à la fin des deux heures, Karim me rend triomphalement sa copie rédigée recto-verso, et bondit vers la porte. Je le rappelle : « Karim ? » Je lui montre son devoir, il me considère, l’œil grand ouvert d’incompréhension. Je lui désigne le tableau où j’avais écrit les instructions, il me regarde la bouche ouverte, bafouille, s’excuse : « Euh ? Vous voulez que je recopie sur une deuxième feuille... ? » « Ben non, Karim, plus le temps, mais qui est-ce qui va devoir se taper une photocopie de ton œuvre, en sortant ? » « Ohlàlà excusez-moi, blabli, j’ai pas fait attention, blabla, mais si vous voulez je peux recopier, blablu... »

Non, non, sors, tu m’énerves.

 

C’est pas bien grave, me direz-vous. Eh bien si, c’est grave. Quand, au moment de corriger, je me bats avec tous ces trucs, avec les écritures pattes de mouche, avec les hors sujets, sans parler des fautes d’anglais, ces histoires de copies mal gérées, ça m’arrache des larmes.

 

Et sinon ?

 

élèvesSinon, l’épreuve n’a pas commencé depuis vingt minutes qu’on frappe à la porte. C’est Jean-Luc, le CPE beau gosse. Les voyant tous en train de composer, il s’immobilise. « Ah, ils sont en devoir ? Je venais chercher un élève... » « Non » « Comment ? »

Je répète, net et clair : « Non ».

 

 

 

 

 

élèvesPour ma part, j’en ai assez, assez, que les cours soient systématiquement interrompus pour des problèmes administratifs, des convocations d’élèves, des inscriptions à la cantine, des trucs et des machins. Alors, permettre à Cédric de manquer une demi-heure d’un DS de deux heures, c’est niet. « Mais c’est important » insiste Jean-Luc « il risque d’être renvoyé. » « Non » je continue, clair et net : « Il viendra te voir à la fin du devoir surveillé, pas avant ». Je n’ai pas envie de devoir pondre un devoir de rattrapage pour Cédric pour cause de problèmes administratifs. Le beau Jean-Luc se retire, en me regardant comme si j’étais un pitbull crocs sortis. Je dois sûrement faire cette tête, d’ailleurs, parce qu’il ne demande pas son reste.

 

Décidément, je suis vraiment un Vieux Con.

 

A la fin, lorsque tout le monde est sorti, Samuel vient me voir : « Je voulais vous dire, à propos de l’entreprise anglaise que je vous avais demandé de contacter.... »

 

Flashback : les élèves doivent faire un stage, de préférence à l’étranger. En Espagne, en Angleterre, ou ailleurs. Lorsqu’ils ne trouvent pas eux-mêmes d’entreprises susceptibles de les accueillir, les profs de langue sont mis à contribution par les responsables du BTS : « Pourrais-tu passer un coup de fil, essayer de ‘faire le forcing’ pour que... ? ». angry-on-the-phone.JPGEn ce qui me concerne, j’ai horreur, HORREUR de faire cela. Pour trois chefs d’entreprise aimables et compréhensifs, il y en a régulièrement trente qui sont infectes au téléphone, lorsque l’on fait cette démarche. L’an dernier, plusieurs fois je me suis fait envoyer sur les roses par des gens qui me disaient qu’ils avaient eu des stagiaires français l’année précédente, et que c’était catastrophique, et qu’ils n’étaient pas à l’heure au bureau, et qu’on ne pouvait pas leur confier de travail, etc etc... » Que suis-je censé répondre à cela ? Qu'il ne s'agissait pas mes élèves ? Que je n’étais pas responsable de la conduite des brebis galeuses ? Ils s’en fichent complètement, les patrons anglais et américains, et je les comprends un peu. Eux ont une boîte à gérer, ils ne sont pas l’Armée du Salut...

 

La semaine dernière, Samuel était venu me voir, câlin : « J’ai envoyé deux mails à telle entreprise en Angleterre, ils ne répondent pas, pourriez-vous les rappeler s’il vous plaît, la date de notre départ en stage approche, etc etc... ». Pffffou. Encore des emmerdes en perspective. J’avais procrastiné pendant plusieurs jours.

 

Bien m’en a pris. Aujourd’hui, à la fin du devoir, Samuel me dit : « Finalement je n’ai pas assez d’argent pour partir en Angleterre, j’ai trouvé un autre stage en France. Vous les aviez appelés ? »

 

Non. Heureusement. Si je l’avais fait et qu’ils aient accepté après que je leur aie vanté au téléphone les mérites et le sérieux de Samuel, j’aurais vraiment eu l’air d’un con, à  devoir tout décommander derrière lui. Sans parler du fait qu’ils n’auraient sûrement plus accepté de prendre de stagiaires chez nous par la suite : nous aurions été considérés comme pas assez fiables.

 

A midi et demi, la cloche sonne, tout le monde sort. Je suis seul avec mon paquet de copies. Le Vieux Con a de quoi gribouiller tout le week-end.

 

Heureusement, il fait beau.

 

Un os à ronger pour le chien méchant.

 

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28.09.2011

La corde pour me prendre

Emmerdements, problèmes et souffrances. C’était là ce que signifiait pour moi le sigle « EPS » lorsque j’étais en collège.

 

J’y ai repensé après avoir lu ce matin chez Chris la note qu’il a faite sur le sport. Ou la gymnastique. Ou la compétition. Enfin, sur tout ça, quoi, l’ensemble se résumant toujours, tristement, pour moi, à emmerdements, problèmes et souffrances.

 

Le collège, pour moi, fut un calvaire à ce niveau. Ce n’est pas tant que je détestais faire des efforts physiques, bien sûr. Mais la perspective de devoir me mesurer à d’autres, de me faire inclure dans une équipe en « sporco » , de me faire engueuler parce que je n’avais pas été assez rapide dans les courses de relais, dans les passes de balle, m’épuisait avant même d’avoir commencé. On ne cesse de nous seriner dans les médias que le sport lors des jeunes années est essentiel, parce qu’il enseigne la structure, la discipline, la camaraderie. Pour moi, le sport était synonyme d’exclusion, de coups bas et d’engueulades.

 

3418_08.jpgEn revanche, j’ai eu une grande chance. Pendant quatre ans, j’ai eu un très bon prof. Matthieu Bart. Il était toujours indulgent face à mes incapacités à suivre la route, à mes difficultés à me coordonner. Bien sûr, il avait un groupe de trente-cinq élèves à gérer, et il ne pouvait pas s’attarder sur mon cas personnel. Alors, je courais, je crapahutais, je me démenais sur la  barre fixe, je tombais, mais je ne lui en voulais pas, parce que je l’ai toujours senti bienveillant à mon égard, sinon disponible.

 

snapshot20110928183732.jpgEt puis, il était agréable à regarder, Mathieu Bart. 35, 38 ans à l’époque. Grand, baraqué (une constante chez les profs d’EPS, me direz-vous), brun et barbu. Mmm. Le meilleur moment du cours, bien sûr, c’était à la fin, quand je louchais discrètement sur lui qui enlevait son tee-shirt mouillé pour en enfiler un sec. Entre 11 et 14 ans, mes hormones bouillonnaient plus que jamais.

 

Matthieu Bart n’était pas disponible, sauf une fois. Il s’agissait d’apprendre à grimper à la corde. L’année de sixième passe, je n’y parviens pas. La cinquième, la quatrième, toujours pas. Je regardais avec envie tous les autres petits singes qui vous montaient et redescendaient ça en deux temps trois mouvements, fiers comme des bars tabacs. Ce qui me consolait un peu, c’était qu’il y en avait d’autres avec moi, qui restaient le cul cloué à terre. Les trop gros, les trop faibles des bras, les effrayés... on devait bien être 5 ou 6 dans ce cas. Sauf que lorsqu’arriva la classe de 3°, mes acolytes d’infortune avaient tous disparu. Il y en avait deux qui avaient trouvé le truc, deux qui avaient déménagé, et le pauvre Lancelot restait piteusement seul au bas de la corde.

 

Sexy Beard.jpgMatthieu Bart me regarde attentivement.

 

« Tu places mal tes pieds, tu cales mal la corde »

« Ben non, regardez, je fais comme vous me dites »

« Tu ne t’en aperçois pas parce que la corde se tord. Va me chercher un bâton au vestiaire, je vais te montrer... »

 

Ce que je détestais le plus, c’étaient bien sûr les regards, les petits sourires condescendants, les conseils paternalistes des autres élèves qui avaient fini leur « grimper ». Je reviens avec mon bâton, et j’ai la surprise de constater que le prof les a tous envoyés organiser en autonomie des équipes de hand-ball. Bonne idée. Je me détends imperceptiblement. Il me montre comment placer mes pieds de la façon la plus efficace possible, sur le bâton, et on ré-essaie sur la corde. Tiens, je progresse. Je suis calé, miracle ! Je monte d’un mètre, et puis, peux plus. Je bloque.

 

Mathieu Bart me fait redescendre, me regarde encore une fois, très sérieux.

 

« Tu es sujet au vertige ? »

 

Moi, le vertige ? Quelle idée... Non non, j’ai l’habitude de me promener en montagne, lorsque nous partons en famille en vacances en Alsace. Les précipices ne me font pas peur. Le vertige, bien sûr que non, enfin.

 

Il me désigne des espaliers au mur :

 

« Monte là-haut. »

 

Je grimpe l’échelle comme un écureuil, et arrivé au sommet, je tourne la tête vers lui, genre ‘Que voulez-vous que je fasse d’autre ?’

 

« Bien », me dit-il. « Et maintenant tu vas te retourner face à la salle et t’asseoir sur le plus haut barreau de l’échelle. »

 

J’essaie. Je peux pas. Des sueurs froides m’assaillent. Merde, j’ai peur de tomber. Je me contracte, je panique, je peux pas.

 

Il s’approche au bas de l’espalier.

 

« Allons Lancelot il faut y arriver. Regarde, je mets des tapis de mousse au-dessous, par terre. Tu ne risques rien, vas-y. »

 

Je me sens cloche, je me sens con, mais j’ai beau essayer de me retourner sur cette échelle face au vide, je ne peux pas, je vais piquer du nez et m’ouvrir le crâne.

 

Matthieu Bart gravit quelques échelons, il se tient juste en-dessous de moi.

 

« Si tu tombes, je te retiendrai. Retourne-toi. »

 

Mes jambes, mes bras tremblent. Impossible.

 

Il monte encore. Il est contre moi, face à face.

 

« Retourne-toi, je te dis. Il est impossible que tu tombes, je te maintiens. »

 

Alors, je me décide à faire un effort. Lentement, lentement, je me retourne. Je suis face à Mathieu Bart, tous les deux juchés en haut de cet espalier. Je m’agrippe à ses bras.

 

« Détends-toi. Respire profondément. Fais face à la salle. Ne me regarde pas, moi. Regarde au loin. »

 

GIbig31313870489.jpgEh bien, il faut bien avouer, que cet électrochoc était fort agréable. Maintenu que j'étais par le corps du prof de gym, voilà que mon vertige fondait comme neige au soleil... je planais à trois mètres au-dessus du sol. Très loin, les autres disputaient leur idiote partie de hand-ball. Humm, ce que je me sentais bien, tout à coup... mais les meilleures choses ont une fin.

 

« Je vais redescendre, tu ne risques plus rien. Tu vois bien que tu avais le vertige. Tu vas rester assis en haut de l’espalier quelques minutes encore, pour t’habituer. »

 

Snif. Je m’habituais aussi, si bien, à la chaleur de son corps contre le mien. Mais, bon. Lubrique mais discipliné, le Lancelot. M. Bart redescend, j’exécute scrupuleusement ce qu’il m’a demandé de faire. Dix minutes plus tard, je me dirige vers la corde lisse. Je m’accroche, je grimpe tout en haut et je redescends comme si je n’avais fait que ça toute ma vie. Incroyable. C’était le vertige, alors ? Enhardi par mon succès, je remonte, je redescends. Moi, MOI j’ai grimpé la corde ! J’éprouve une sensation de fierté incroyable. Je guette le regard approbateur de Mathieu Bart. Je n’ai dû ressentir la même chose qu’une seule autre fois dans la vie, quatre ans plus tard, quand j’ai eu le permis.

 

Je n’ai jamais oublié Mathieu Bart. J’ai repensé à lui des années plus tard, à l’armée, lorsque pour certaines épreuves physiques, il fallait enchaîner des grimpers de cordes.  A cette occasion, j’ai constaté que nombreux étaient les copains qui restaient cloués au sol. Et en montant vers les étoiles, je repensais à ce jeune prof grâce à qui un de mes blocages avait cédé. Mais à quoi est-ce que ça avait tenu ? Au moment de plaisir fugitif que j’avais éprouvé lorsqu’il m’avait maintenu contre l’espalier ? Il n’y avait pas que du sexuel là-dedans. C’était à la fois bien plus compliqué et innocent. Je crois que le fait qu’il ait su m’analyser, décortiquer mes blocages un à un (position des pieds, honte devant les copains, vertige) m’avait touché. Le vertige, je ne l’ai pas vaincu parce que ce mec me plaisait, même si bien sûr une part de séduction entrait dans l’équation. Il a su être patient, calme et pédagogue. A l’époque, je savais nager, mais même si ce n’avait pas été le cas, après cette séance, s’il m’avait demandé de plonger dans une piscine profonde de cinq mètres, je l’aurais fait.

 

Il m’avait donné confiance en moi.

 

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27.09.2011

I, Capricorn queen

Encore une chanson, encore une « Diva », encore un souvenir.

 

J’ai dix ans environ, un samedi soir. Ma sœur demande au reste de la famille à ce qu’on la laisse regarder une émission de télé consacrée à une chanteuse célèbre, noire, originaire du pays de Galles. Elle a gain de cause. Peu intéressé, je suis affalé sur le divan du salon, un livre à la main,  écoutant distraitement la musique. Mais, connaissant ce qui est susceptible de me toucher, ma sœur, fine mouche, me fait lever le nez au détour d’une chanson : « Ecoute, Lancelot ! Elle est capricorne, comme toi... »

 

Je lève le nez, intéressé. La mélodie m’accroche. J’ai commencé à apprendre l’anglais, j’aime ça, aussi. La magie des mots autrefois incompréhensibles, qui se laissent reconnaître, dompter. Et puis, faire une chanson sur son propre signe astrologique, en se décrivant en fonction de lui, c'est une jolie idée, pleine de poésie.

 

La dame, elle est plutôt mignonne, et dégage du charisme, suscite la sympathie. J’écoute... Hummmm, pas mal, pas mal.

 

Et puis, rien de plus. Je replonge le nez dans mon livre, l’émission se termine environ une demi-heure plus tard, sans que ma vie n’en ait été bouleversée pour cela. Mais l’air tourne dans ma tête, au moment où je vais me coucher. Je conserverai le titre, dans le congélateur de ma mémoire, pendant des années, sans l’en sortir. Jusqu’à hier.

 

Je suis devant mon pc, l’épisode me revient en tête. Je ne sais même plus à quel sujet d’ailleurs. S’il fallait en plus se préoccuper de savoir quel engrais fait pousser fleurs et mauvaises herbes, dans le cloaque de mes neurones... Ah oui, « I Capricorn », si j’essayais de voir ça sur YouTube ?

 

YouTube, c’est encore plus magique que Wiki. On fait sa demande, on clique, le rideau se lève, les projecteurs s’allument. Comme de frotter une lampe et de voir le génie surgir. Ai-je quarante ans, trente, vingt, dix.... ? Qu’importe...

 

 

 

 

 

La video date de 1971. Incroyablement « seventyish » bien sûr, comme ils disent... Robe de strass moulante, faux cils longs comme mon avant-bras, choucroute sur la tête. Mais Shirley a l'air tellement gentille qu'elle ne prête pas à la moquerie, je trouve. C’était une mode, c’était une époque, tout comme celle des « garçonnes » des années 20 ou le rétro des années 50. Ca peut faire sourire, mais c’était là.

 

Ce que j’aime pardessus tout dans cette vidéo, c’est la façon qu’a Shirley Bassey d’y être à la fois une petite fille et une femme. En fait, elle avait 34 ans à l’époque, mais tient à faire la coquette à propos de sa date de naissance, en évitant de mentionner l’année. Elle souhaite la bienvenue au public, d’une voix un peu aigue de fillette, mais dès qu’elle passe en mode « chanson », elle redescend d’un octave. Elle ressemble à une enfant qui s’est déguisée. Elle non plus, n’a ni dix ans, ni vingt, ni trente. Tout ça se situe hors du temps.

 

Il y a bien longtemps, Christophe avait fait un article sur la ‘follitude’. Il me revient en tête lorsque je regarde cet extrait. Diva, robe, mélodie ‘facile’, projecteurs. Je m’engueule moi-même à voix basse : « Plus ‘tarlouze’ tu meurs ! » Soit.

 

Mais il faut bien dépasser ça. Ca ne mène à rien, ce raisonnement. Qu’est-ce qu’il faut faire ? Se forcer à aimer du Rap ou de la House pour être dans le « bon goût » et l’air du temps ? Bien sûr que non. J’ai compris ça très, très tôt.

 

Shirley, sur cette vidéo, n’est ni femme, ni enfant. Elle n’appartient ni au passé, ni au présent. « Capricorn » au final, c’est asexué, et ça me permet de me sentir touché sans culpabiliser outre mesure. Le comble, c’est que rien de ce qu’elle chante ne correspond  à ma personnalité. Je ne suis pas un enfant du soleil levant, je suis né en fin d’après-midi. Je ne collectionne pas les coquillages, je suis bien trop trouillard pour prétendre gravir les arcs en ciel, chevaucher le vent, ou remuer les montagnes. Mais ça fait du bien d’y croire deux minutes, par la magie de la musique. Alors sinon, qu’est-ce qu’il me reste, dans les paroles ?

 

“And I have happiness to scatter,
Dreams for coming true,
Love to last for always,
And it's all for you,
All for you,
All for you,
All for you,
All for you,
All for you....”

 

 

 

La boucle est bouclée.

Et merci à la Dame.

 

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26.09.2011

Youpi !


podcast

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23.09.2011

Mireille et le petit Lancelot

En tant que blogueur (et j’imagine que beaucoup d’autres font comme moi), j’examine toujours le quotidien avec un collimateur en surimpression. Lorsqu’un gibier intéressant traverse l’horizon, je vise et j’épingle : « Tiens, voilà une idée de note intéressante »

 

Cependant, il y a des jours, en rentrant de la chasse, où l’on examine le gibier et l’on se dit : « Ohlà, quelle honte, tu ne vas pas raconter ça sur le blog, tout de même ? »

 

Bah, que je serve du sanglier sauce grand veneur ou une poêlée de sauterelles, après tout, libre à vous de manger ou de bouder le menu.

 

"Certes, Lancelot, mais y a des plats qui sont ridicules..."

 

Ah, bah, ridicule, peut-être, mais faut assumer sa ringardise.

 

C’est parti.

 

Hier en furetant sur le web, je tombe sur un site génial (je n’avais jamais vu ça) où l’on peut non seulement écouter des chansons oubliées, mais aussi les télécharger, gratuitement et légalement. En tout cas, si illégalité il y a, c’est au propriétaire du site en question d’en assumer les conséquences. J’ai téléchargé les douze chansons qui m’intéressaient, avec ravissement. Encore une cure de Jouvence, qui me ramène quarante ans en arrière.

 

Qui ça, quand ça ?

 

Eh bien figurez-vous que quand j’étais gamin, j’adorais Mireille Mathieu.

 

Eh oui, c'est dit.

 

A la même époque, Barbara, Juliette Greco, Françoise Hardy, ça l’aurait tout de même mieux foutu. Mais, que voulez-vous. Moi, j’ai pas eu le choix. A la maison, c’était le 33 tours de Mireille Mathieu qu’on avait acheté. Le tout premier. Olympia 1966. Je suis tombé dedans. Mes oreilles, mon tympan, ma cervelle malléable de gamin de 5 ans, ont tout absorbé comme du papier buvard. Je l’ai fait tourner en boucle sur notre vieux tourne-disque, pendant des heures et des jours. Il a dû m’en rester quelque chose. Bien sûr, je me suis vite débarrassé de mon engouement pour Mireille vers l’âge, disons, de 7 ou 8 ans. J’avais dû l’entendre répondre à une interview ! Rien de tel comme vaccin contre la Mathiote. Il est vrai qu’elle était, et est toujours,  un peu navrante... Doux euphémisme... Dans les sketches que les amuseurs ont fait sur elle, la fiction dépasse à peine la réalité :

 

imagesCAPKQ1R3.jpgMireille : « Johnny Stark m'a demandé de me présenter. Je vais faire cent mille fois mieux que ça, devant vous, je vais m'introduire ! Je suis la Pauvrette d'Avignon ! »

Journaliste : « Mireille, aimez-vous manger épicé ? »

M : « Jamais les deux en même temps ! »

J : « Il paraît que vous allez faire vos débuts au théâtre, et qu’à la rentrée vous jouerez dans ‘Le Cid’ de Corneille ;  cela ne vous fait pas peur, d’attaquer un tel texte, d’emblée ? »

M : « Ce n’est pas un texte d’anglais, c’est écrit tout en français ! »

J :  « Vous chantez dans plusieurs langues...»

M : « En effet, je suis polygrotte.»

J : « Vous avez donné des concerts en Asie...»

M : « Oui, oui, je parle couramment le mongolien. »

: « J’aurais une question un peu indiscrète, puis-je me permettre ? »

M : « Oui oui oui, vous pouvez vous faire mettre. »

: « A une certaine époque, on a dit que vous aviez eu une liaison avec Yves Mourousi, alors est-il vrai qu’il avait un grain de beauté sur la fesse gauche ? »

M : « Ouiii, je crrrrois... »

J : « Entre ces deux hommes politiques que vous dites apprécier, De Gaulle et Sarkozy, lequel a pour vous le plus de charisme ? »

M : « Attendez que je téléphone à mon cerveau, hier cela sonnait occupé, aujourd’hui ça sonne dans le vide... »

J : « Est-ce pour cette raison que vous avez raté votre certificat d’études ? »

M : « C’est à cause des mathématiques, on m’avait posé une question très compliquée : dresser la table des logarithmes. Alors moi, je suis allée en cuisine, chercher des fourchettes et des couteaux, pour mes 75 frères et sœurs... »

 

Bon, j’ai beau me gausser, pour me dédouaner, il faut bien que je le dise : lorsque j’ai retrouvé les 12 chansons de ce fameux 33 tours, j’ai sauté de joie. Encore une possibilité de faire un bain de jouvence. J’écoute ça, et j’ai à nouveau 4, 5 ans. Et les souvenirs affluent. Je me souviens m’être demandé pendant des heures ce que ça pouvait bien être un « credo », et en avoir conclu que ça devait être une sorte de micro. Et,  l’imaginer pleurant, en train de regarder la fille qui lui avait volé le garçon qu’elle aimait, tout en se disant, belle joueuse : « Qu’elle est belle, qu’elle est belle, dans sa roooooobe de mariééééééée » pour moi c’était le summum de l’émotion.

 

J’en suis revenu, évidemment. Mais, je l’ai dit plusieurs fois : les choses qui m’ont imprégné gamin, m’ont imprégné à jamais. Tout comme aujourd’hui je suis capable de pleurer comme une fontaine en revoyant « Lassie chien fidèle », écouter les douze chansons de ce 33 tours me donne beaucoup de plaisir. Du fait qu’on la découvrait à l'époque, probablement, sa bêtise pouvait, en 66, passer pour de l’innocence, ou de la naïveté. Et puis, sa voix a une pureté de cristal, qui rappelle, bien sûr, Piaf, qu’elle imitait tant et plus. Mais qu’importe ?

 

TiNours s’esclaffe, mais il est d’une indulgence folle face à ce style de lubie de ma part, et il m’accompagne volontiers pour chanter à tue-tête ces vieilles rengaines, dans la voiture. Il découvre, lui aussi, et il ne me juge pas. Même, il aime bien.

 

Alors, pour conclure, je partage avec vous celle-ci, qui n’est pas très connue, et qui était une de mes préférées à l’époque, et toujours aujourd’hui. Pardonnez-moi ce caprice d’enfant, yuk yuk yuk....

 podcast

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22.09.2011

Bignone, allons voir...

L’été s’attarde avec générosité dans le Sud. Si l’on excepte un peu de brume le week-end (électivement, le week-end... ! Mais ne crachons pas dans la soupe...) le temps reste beau. Les premiers jours de classe ont été caniculaires, d’ailleurs. L’après-midi, il m’est arrivé de rêver faire cours en tee-shirt, short et tongues. Mais ça ne se  fait pas... Ah, les contingences...

 

Malgré tout, comme chaque année, j’aime guetter ce frémissement léger et subtil qui souffle que... la belle saison s’en va. A pas feutrés et hésitants, certes, mais elle s’en va... Un matin, en sortant pour aller travailler, on a un frisson... l’eau de la piscine n’est plus une caresse bienfaisante faisant oublier la sueur de la journée, mais plutôt une gifle revivifiante. L’impression reste agréable, mais différente. Finie, la sieste estivale, il est temps de secouer, réveiller, même, les corps alanguis. TiNours abandonne son drap chéri et réclame une couette, pour la nuit. Un soir, sans même s’en rendre compte, on oublie d’ouvrir la fenêtre de la chambre pour avoir de l’air pendant qu’on dort.

 

Mais hier, il y en a une qui m’a attendri : notre bignone, magnifique en juin-juillet, avait perdu ses clochettes alors que nous étions en Sardaigne. Excès de tristesse, probablement. On lui manquait trop. TiNours a eu beau la bichonner, la bignonner, la câliner, même, en août : non. Elle avait quitté sa parure de bal et arborait obstinément son modeste tablier vert.

 

Et puis, hier matin, que vois-je, en passant ?

 

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Elle a fait un effort, elle a mis sa broche. Comme un encouragement, sous forme de clin d’œil. « Excusez du peu, mais je fais de mon mieux ! Courage, conservons la mémoire des beaux jours, prolongeons-les tant que nous pourrons ! » Elle nous applique sa méthode Coué. : « Si nous étions en automne, je ne fleurirais pas. Or, j’ai fait des fleurs. Donc, l’été vit toujours. »

 

Merci à elle.

 

Et bon anniversaire à mon frère, qui a 52 ans aujourd’hui. Une allumette que je craque dans cette hivernale nuit de silence où nous nous maintenons, lui et moi, depuis des années.

 

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19.09.2011

La règle de trois, de Troie, de Croix !

 

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L’autre jour, Plume disait en commentaire qu’elle n’avait jamais su calculer une règle de trois. Voilà bien le style de déclaration susceptible de m’émoustiller. J’adore expliquer ce style de bêtise. Ouste, viens là, Bicotine, on va faire un tout petit peu de calcul ensemble.

 

Ca y est, elle chiale...

 

Non non, crie pas, pleure pas, te roule pas par terre, mouche-toi. C’est pas des maths, promis juré !!! C’est pour faire la cuisine !!! Je te jure, ma Plume, écoute-moi, arrête de brailler ! On-va-pas-faire-des- maths-on-va faire–de-la-cuisine !!! Tu veux bien ????

 

Elle me regarde d’un air méfiant... Bon. Pendant qu’elle se calme tout doucement, en reniflant, écoutez-moi, vous z'autres...

 

Avant toute chose, il faut savoir qu’il vous faut déposer à l’entrée tous vos préjugés, toutes vos réticences, tous vos dégoûts et désagréables souvenirs antérieurs.

 

Quand j’étais gamin, je me disais, pour me donner du courage « C’est la Règle de Troie », ça évoquait en moi des chevaux géants, une ville assiégée par de beaux grecs musculeux, etc etc. Bref. Tout ce qui peut amuser, plaire ou attirer, moi, j’utilise.

 

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professeur-t7102.jpgElle n’est pas compliquée du tout, la règle de trois, et elle peut rendre des services dans la vie quotidienne. Pour savoir l’appliquer, il suffit d’être ordonné et logique, et de suivre un schéma simple. C’est tout bête.

 

La règle de trois sert à résoudre ce genre de problème :

 

Je veux faire un gâteau. (Tu vois, Plume, t’ai pas menti. Mouche-toi, je te dis). Sachant que d’après la recette, pour six personnes il faut utiliser trois œufs, 175 grammes de farine et 80 grammes de beurre, quelles sont les proportions exactes pour huit personnes ?

 

Alors, c’est  pas dur du tout. Avant tout, il va falloir ranger. C'est-à-dire, mettre côte à côte la recette pour six personnes, et la recette pour huit personnes.

 

D’abord, se souvenir qu’on ne regroupe pas dans les mêmes catégories ce qui n’est pas « regroupable ».

 

De quels paramètres je dispose ? D’un côté, les gens, les invités, les convives, enfin ceux qui vont bouffer le gâteau une fois qu’il sera prêt, et de l’autre, tout ce qui est alimentaire : œufs, beurre, farine.

 

Et je me pose une série de questions simples :

 

La première : les oeufs

 

Pour six personnes, il me faut trois œufs

Pour huit personnes, combien m’en faut-il ?

 

maths, règle de trois, plumeCombien il me faut d’œufs, c’est un nombre que je ne connais pas, et que je vais appeler X. On se calme. Je vous entends d’ici : « Ouaaah, encore de l’algèbre, fait chier, j’avais horreur de ça à l’école... » Pas de quoi avoir peur. Plume est déjà retombée en syncope, mais elle va se remettre. En attendant, pour les autres : le but de l’enquête, c’est de l’identifier, le petit X. En d’autres termes, savoir combien il me faut d’œufs. X, c’est le nombre d’œufs nécessaire à un gâteau pour huit personnes. Pas de raison de partir en courant.

 

C’est là qu’on va oublier les mots pour simplifier au maximum sous la forme :

 

6 à 3

8 à X

 

Je n’ai fait que schématiser au maximum les deux phrases écrites plus haut.

 

C’est là toute la clé de la chose. On dispose d’un élément inconnu, X. Et de trois éléments connus, qui vont nous aider à connaître le quatrième, donc à identifier X. D’où le nom, règle de trois.

 

Ici, il faut se représenter une croix. Rien de christique ni de métaphysique, simplement une croix, comme un signe « multiplier ». A une époque, j’ai cru aussi que c’était la « Règle de Croix » !!!

 

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Et justement, on multiplie en suivant la croix, que j’ai dessinée en rouge, mais rien à voir non plus avec l’organisme humanitaire. Ils ne viendront vous chercher que si vous craquez et faites une dépression, mais vous n’allez pas craquer, n’est-ce pas ?

 

6 fois x = 3 fois 8

 

Et si vous savez résoudre une équation (ça c’est niveau quatrième, tout de même...) :

 

x = 3 X 8

      6

 

 

 Nombre d’œufs nécessaires à ma recette : 24 divisé par 6 = 4 œufs !

 

Ensuite on peut faire pareil avec la farine :

 

Pour six personnes il me faut 175 grammes

Pour huit personnes il me faut x grammes

 

Donc quantité de farine nécessaire (je trace ma croix mentalement) :

 

x =  175 X 8 = 234g

          6                                                                                                       

(j’arrondis)

                                                                                                                         

maths, règle de trois, plume

 

 

 

Et voilà, pareil pour le beurre, etc etc.

 

Plume suce son pouce et me regarde d’un œil rond. Elle est tout étonnée. Elle a compris, et maintenant en plus elle va nous préparer un bon gâteau.

 

Ou m’envoyer le mélange à la tête ?

 

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18.09.2011

Kala chat nikov

Voilà bien longtemps que je ne m’étais pas aventuré dans la machinerie interne de mon blog, là où clapotent les secrets, du genre : « Qui s’est connecté, à quelle date, quelle heure, pourquoi, en suivant quel chemin... »

 

C’est surtout justement le chemin employé, qui donne lieu à des surprises intéressantes, en général. Qu’est-ce qu’on a tapoté dans le moteur de recherche pour arriver chez moi ? Ce matin, mes yeux écarquillés ont donc découvert ceci :

 

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Je me demande au passage ce que les mystérieux internautes recherchaient, pour taper une phrase pareille.... Membres d’un groupuscule terroriste ? les Chalibans ? Al Chaida ? Mystère...

 

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Et puis, j’ai eu une illumination. « Chat » ce n’était pas dans le sens « Minou » mais plutôt « discussion », « dialogue » comme on dit en anglais ! Ah ben voilà, tout s’explique !

 

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MIMI  TRAILLETTE : Slt

LANCELOT : Slt, koi   2   9 ?

MIMI  TRAILLETTE : G dégommé 3 infidèles hier.

LANCELOT : Ouaaaaah mégacool, mais eske té pas fatiguée depuis ?

MIMI  TRAILLETTE : Oué grav, mé fo bien faire avec.

LANCELOT : Oué la vie é dure, mais toi T toujours superbelle entouka

MIMI  TRAILLETTE : Mr6

LANCELOT : Te kiff grav, j’T dans la po. Je parie que sous ta culasse tu é toute nue...

MIMI  TRAILLETTE : Arrête, tu C que Ri1 né possible entre nous, chuis la meuf au chef des kadafistes.

LANCELOT : Nixamer à çuilà !!

MIMI  TRAILLETTE : T toi, s’il te choppe il te fera boufé té roubignolles en grat1, lol

LANCELOT : Il sé planké,  on nantan + parlé 2 lui

MIMI  TRAILLETTE : Oué mé kan il ressortira sa fera mal

LANCELOT : Man fou de lui, moi j’arrête pas de pensé à toi, té tou ce ki me m1ti1 en vie, en plus mes vieux me font chié cé joursi pour que je repasse le bak.

MIMI  TRAILLETTE : Galère, heureuseman ke G pa ce genre de pbm

LANCELOT : Ouais G raté a koz du salo ki ma korigé en fransé, il ma foutu 2, ce cronul.

MIMI  TRAILLETTE : Pas cool sa

LANCELOT : Oué en + le fransé tou le monde s’en fou, ce ki konte cé de dir se kona dan le

MIMI  TRAILLETTE : Bon fo ke j’te kit gé du boulo on é assiégés à BaniWalid

LANCELOT : Fé gaf à toi ma puce, tu te reconnecte kan ?

MIMI  TRAILLETTE : Chépa, dé ke possible, t’embrasse, à +

LANCELOT : à +

 

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17.09.2011

Cartes blogstales

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podcast
 

Les blogueurs, ça ne fait pas que bloguer

 

Ca poste-carde, aussi.

 

Et en cette fin d’été, je me sens tout content : trois cartes rien que pour TiNours et moi ! On pense à nous, on nous aime, on nous envoie des gentilleries, ici et là, depuis les quatre coins de France et de Navarre. (Navarre étant située outre-mer, soit)

 

Ce qui me plait particulièrement, c’est que chacune des photos reflète assez bien les caractères des expéditeurs.

 

La façon d’écrire aussi. Je connais, bien sûr, depuis le temps que je les côtoie à travers la toile, le style des uns et des autres. Mais il y a dans les écrits que j’ai sous les yeux un paramètre encore plus intéressant : les écritures !

 

Lignes espacées, partant en biais, avec optimisme, vers le haut. Des majuscules hardies, on distingue un rire entre les lignes. Le cœur qui bondit avec entrain, comme les vagues.

 

Une écriture ronde, qui part bien droit. Deux signatures, l’une bouclée, l’autre plus resserrée, avec un « y » qui part à la conquête du monde...

 

Un texte touffu, une écriture indubitablement féminine, des sentiments qui se pressent au fil des mots se bousculant. Une sensibilité à fleur de plume. Ecrire en quelques lignes tout ce que l’on n’a jamais eu l’occasion de se dire face à face, c’est un peu là le défi.

 

Fin de mon accès de poésie graphologique.

 

Mais surtout, merci à vous. Du fond du cœur.

 

16.09.2011

Frenchies vs Murkins (Lancelot en Californie 3)

Bizarrement, en matière de prénoms, je ne me souviens que de Martine. J’ai oublié comment les autres s’appelaient.

 

Il y avait donc Martine, qui avait quitté son mari et sa fille en France pour venir vivre et travailler en Californie.

 

Son mec, on l’appellera Bernard. Français lui aussi. Je crois qu’il était là avant Martine, et qu’ils s’étaient rencontrés sur le sol américain. Qu’est-ce qu’il faisait dans la vie ? Je ne sais même plus. Il devait travailler en tant que responsable commercial dans une entreprise. De quoi ? Mystère....

 

Un copain à eux, un Français aussi. Marc, je crois. Un très beau mec, très brun, très bronzé, très dédaigneux, imbu de lui-même, et très con.

 

La nana de Marc, une Américaine. Lindsay ? Lizzie ? Je ne sais plus. Elle était jeune, blonde et pâlotte. Lorsque je les avais rejoints pour le Labor Day week-end, le torchon brûlait, apparemment, entre elle et Marc. Sombres et banales histoires de couples qui se font la gueule et se rabibochent...

 

Et puis, l’affreux qui était venu me chercher en voiture à l’hôtel. Un Américain métissé. Sa mère, je crois, était Bolivienne. Un visage couvert d’acné mal cachée par ses lunettes. Gonzo, oui, ça lui irait bien, ça, comme prénom. Il passait son temps à foudroyer Marc du regard, voire à l’engueuler, parce qu’il trouvait que ce dernier traitait Lindsay d’une façon absolument révoltante. J’avais fini ce jour-là par me dire que Gonzo était amoureux d’elle en secret. Genre Caliban et Miranda, dans la Tempête.

 

Enfin, l’élément rapporté : moi.

 

En toute honnêteté, je dois reconnaître que Martine avait fait des efforts pour me faire me sentir à l’aise. Elle m’avait emmené avec eux dans une virée qu’ils effectuaient à Palomar Mountain, au nord de San Diego. Il y avait là-bas un observatoire, que nous pouvions visiter. La nature, splendide, m’avait rappelé la Provence, par certains aspects. Il y avait de nombreux pins et résineux, notamment.

 

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Mais une question continuait à me tarauder : où allais-je définitivement poser mes valises pour ce mois qui s’annonçait ? Martine était sympa, mais elle avait un côté très « Oh, ça va s’arranger, on verra bien demain... » qui avait tendance à m’angoisser. Après consultation des petites annonces, il s’était avéré qu’il y avait peu de chambres à louer pour un mois à un étudiant en transit. La plupart des gens préféraient louer pour une année universitaire. Je balisais... Ils me disaient de ne pas m’en faire, et je leur avais répondu que j’aurais préféré ne pas avoir à coucher sous les ponts. « Impossible... », m’avait répondu Bernard, hilare. « ...à San Diego il n’y a pas de ponts. » Comme c’était drôle. Faux, en plus, car il y en a un très célèbre, le Coronado Bridge. J’aurai l’occasion d’en reparler. Mais tout ceci ne résolvait rien. Le soir, au retour, Martine avait aperçu une amie à elle dans la rue, une vieille dame française. « Elle a une grande maison, elle pourrait accepter de te louer une chambre... » Sortie, conciliabules pendant que j’attendais dans la voiture. J’entends encore résonner la réponse de la vieille, venue du fond du cœur : « Ah non, sûrement pas ! ». Bon. Ce n’était pas pour ce soir-là. J’avais encore dormi à l’hôtel. Mes réserves financières fondaient. Mais j’avais entr’aperçu un écriteau sur une palissade « Room to let... ». Peut-être que... ? Le lendemain matin, j’y étais revenu, avec Martine. Nous avions poussé la porte. Un jardinet charmant, avec des tomates. Elle en cueille une, la mange. Moi : « Dis donc, tu n’es pas gênée ? » Elle « Oh, bofff, on est en Californie, ici, les gens n’ont pas les mêmes blocages qu’en France, tu sais... »

 

Ah... ? Bon.

 

Peut-être.

 

La propriétaire de la maison, c’était Joan. Elle était là, mais nous avait dit que celui qui s’occupait de louer les chambres (deux, dont l’une déjà prise), c’était Peter, son mec du moment. Bon, il faudrait donc revenir en fin d’après-midi. Martine, elle, partait travailler.

 

Je ne me souviens plus très bien de ce que j’ai fait ce jour-là, en attendant. Pas manger, c’est sûr. J’en étais à mon quatrième jour d’anorexie. Rien ne passait. Impossible. J’avais dû me promener dans le quartier, probablement. San Diego est une ville immense divisée en plusieurs districts (ou plutôt ‘neighborhoods’, à la mode californienne) comprenant Downtown, le centre ville, Balboa Park (au Nord), Mission Beach, Point Loma, et La Jolla.  La Jolla était le quartier résidentiel, en bord de mer, où j’envisageais de loger, pour un mois.

 

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J’avais dû me ballader sur la route longeant la plage, avec une boule au creux de l’estomac. Si je ne trouvais rien, je ne pourrais certainement pas passer un mois à l’hôtel, trop cher. Allais-je devoir avancer honteusement mon retour en France ? Cette seule idée me révulsait. Et après mes mésaventures à Travelodge, je n’avais plus du tout envie de me faire « guller »

 

Peter, beau quadragénaire barbu, avait examiné ma demande de location et mes arguments d’un œil suspicieux, puis avait secoué la tête :

 

« Well, no, I won’t even... »

 

Voyant mon visage qui se décomposait, il s’était mis à rire :

 

« No, I meant : you CAN HAVE the room. What I meant was : I won’t even ask you for a deposit.”

 

Ce qu’il voulait dire, c’est qu’il n’envisageait pas de me demander une caution pour le mois suivant, puisque je ne restais qu’un mois. Logique.

 

Ouf. J’avais la chambre. Et la possibilité d’y préparer aussi mes petits déjeuners. Elle était simple et confortable, située au-dessus du garage, à la mode américaine. Mon voisin de palier était un étudiant de vingt ans qui s’appelait Craig. Joan m’avait apporté des draps de bain, moelleux, qui sentaient bon la lessive à la pêche.

 

Après avoir rangé mes affaires, j’étais redescendu sur les rochers, et j’avais plongé dans l’océan, avec la volupté du soulagement. Le soleil était en train de descendre sur l’horizon, et, selon une coutume bien établie là-bas, nombreux étaient les gens assis sur des bancs, à le contempler.

 

En ressortant, trempé comme un chien qui s’ébroue, j’avais apostrophé là une dame que je trouvais sympathique.

 

« Excusez-moi, mais je dois le dire à quelqu’un : je viens de prendre mon premier bain dans le Pacifique ! »

 

Etonnée, elle avait cillé, puis s’était mise à rire, un rire plein de gentillesse.

 

C’était ma première rencontre avec Neeva.

 

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