14.08.2011
Depuis Alghero jusqu'à Bosa
Mardi 26 juillet
Pluie ce matin au réveil. (vocabulaire du jour : pioggia, piovere). Et puis après ? Levés à 6h30 pour une longue excursion, nous avons ignoré superbement la météo maussade et sommes partis à Alghero, à une heure de voiture d’ici.
La ville a été successivement annexée par les Génois, puis les Pisans, puis par les Catalo-Aragonais en 1353. Quatre siècles de domination espagnole, puis Alghero tomba dans l’escarcelle de la maison de Savoie. Tout cela a laissé une empreinte un peu cosmopolite, que nous avons appréciée, entre autres choses, aussi bien TiNours que moi-même. Enorme contraste avec la Sassari déserte de dimanche. Nous sommes arrivés avant 10h du matin, et avons pu nous garer gratuitement en haut de l’avenue Jean XXIII. Il fait bon musarder à Alghero. L’ensemble se divise entre des quartiers bordant une plage immense, façon Nice ou Cannes, et une vieille ville, qui est bien sûr la partie la plus intéressante. Nombreuses ruelles étroites bordées de bâtiments aux façades immenses. J’aime lever la tête pour découvrir, au détour d’une échappée de ciel (redevenu bleu, nous avions eu raison d’être optimistes sur la météo) un dôme, le sommet d’un campanile, ou plus simplement des arcades de soutènement (il existe sûrement un terme technique plus précis pour cela... ?) pour empêcher les maisons se faisant face de s’affaisser (quelle hideuse allitération....). Nous avons donc admiré, successivement, le campanile (depuis l’extérieur, car il était fermé, bien sûr...) le Duomo (de l’intérieur ! Mais sa façade, à lui, était en cours de rénovation... on ne peut pas tout avoir...), la Piazza Civica et les Remparts sur lesquels on peut se balader à pied.
Sur Piazza Civica, deux jeunes filles, très jolies, munies de feuillets à remplir, façon sondage, nous abordent deux fois, à 5 minutes d’intervalle ‘Francesi ? Tedeschi ? Spagnoli ? Inglesi ? » A chaque fois j’ai répondu « No » et me suis éloigné. Dans toutes les grandes villes italiennes, j’ai déjà remarqué cette armée de jeunes gens très beaux, qui nous demandent une signature pour une action « contro la droga », accompagnée d’un don d’argent de la part de ceux qui signent. A Venise, nous avions discuté dix minutes avec une jeune fille blonde, et donné quelques euros, et à Rome c’était un jeune mec avec qui j’avais écourté l’entretien. L’histoire est toujours la même : ils se sont drogués autrefois, s’en sont sortis, et à présent travaillent pour cette ‘association’ ( ?). J’avais contribué la première fois, maintenant tout ça me fatigue : évidemment qu’on est « contro la droga », comment faire autrement ? Evidement qu’on veut bien signer, et discuter avec tous ces jeunes si beaux, sympathiques, et méritants. Et puis, à la fin, comment refuser de donner une obole sans paraître mesquin ? Ne pas signer, cela ne sous-entendrait-il pas qu’on est en faveur de la drogue ? Absurde, bien sûr. Mais la répétitivité de cette technique bien huilée m’ennuie. Que comptent-ils faire ensuite, au fait, avec la liste de signatures ? La présenter aux maffieux qui dirigent le cartel des drogues pour leur faire comprendre qu’il est temps de cesser leur fructueux trafic car le nombre de gens courroucés est franchement très représentatif d’une indignation bien légitime ? Je me demande à quoi est employé l’argent récolté. Créer des centres d’aide ? « Contro la droga » je suggèrerais plutôt à Berlusconi de faire œuvrer son gouvernement dans ce sens et d’être lui-même moins corrompu et auto-satisfait.
Après Alghero, nous avons remonté la côte vers le Nord vers Porto Conte. Là aussi, d’anciennes tours médiévales (trois, exactement) surveillent le golfe. Le Routard mentionnait une agréable ballade à pied à faire au départ de l’une des trois, Torre Nova. Mais comme de bien entendu, aucun nom n’est indiqué, nous avons confondu la première tour et la troisième, et nous sommes égarés dans la végétation d’une zone naturelle préservée, à l’ouest de la ville de Fertilia (Punta Giglio). Comme excuse à notre erreur, on peut dire que seul l’enchevêtrement de la végétation et des ronces tient lieu d’avertissement. Pas de barrière interdisant de pénétrer dans la zone. Bon, nous avons rebroussé chemin et sommes remontés un peu plus haut en voiture vers Capo Caccia, où se trouve la fameuse grotte de Neptune. Prévenus par les recommandations du Routard, nous avions déjà décidé de ne pas la visiter : trop de touristes en été, et qui plus est, les visites se font en italien, en anglais, en espagnol, mais pas en français. Encore une fois, les bras m’en tombent. Nous avions déjà fait ce style de constatation dans les musées de Valencia en Espagne. Il doit y avoir ici dix touristes français pour deux allemands, trois américains et demi, et un espagnol. No no, non si parla francese. Bon. Peu importe. Nous avons eu le plaisir de découvrir par nous-mêmes la fameuse promenade dont je parlais plus haut, près de la troisième tour bordant le Golfe (et non la première). Il faisait chaud et lourd, pas un souffle d’air, contrairement à ce que nous avions connu la veille à Capo Falcone. Mais l’air était chargé des senteurs de pins, de myrtes, et la vue sur le Golfe était sublime. Je n’ai cessé de prendre des photos des mêmes choses, à l’aller, au retour, car à chaque fois les variations de lumière et des positions des bateaux de plaisance sillonnant paresseusement la baie me paraissaient plus séduisants.
Enfin, descente jusqu’à Bosa (patrie de Bozo, on se l’est répétée vingt fois, cette vanne nullotte) pour profiter d’un panorama exceptionnel, selon les guides. Exceptionnel est le terme adéquat. Les 40 kilomètres à parcourir ont été fortement ralentis par ma rage à vouloir tout immortaliser « numériquement ». C’était à moi de conduire aujourd’hui, et je pestais contre le manque de ‘refuges’ en bordure de route permettant de stationner. Plusieurs fois nous nous sommes arrêtés sur la route même d’ailleurs, profitant d’une circulation automobile très, très réduite. On se demande pourquoi ! Où étaient donc passés les autres touristes ? Tant pis pour eux. Personnellement, je n’aurais voulu rater tout cela pour rien au monde ! Par chance, TiNours est très patient face à ma folie photographique. Et même, il l’approuve. On veut emporter ses vacances à la maison, pour pouvoir les caresser lorsqu’elles seront terminées, dérisoire mélancolie.
A Bosa, nous sommes montés prendre quelques photos du château et avons fait quelques courses pour le soir.
Pour finir, nous avons rejoint la nationale qui traverse l’île du Nord au Sud (ou plutôt le contraire, en ce qui concerne notre itinéraire de retour). Cent kilomètres au soleil couchant. Les paysages « de l’intérieur » n’ont rien à envier, en beauté, à ceux de la côte ouest. Pas de photos, hélas, nous étions trop pressés. Jusqu’à Sassari, tout allait bien. Ensuite, j’ai trouvé le chemin absolument interminable jusqu’à Porto Torres, puis Valedoria (détour obligé si nous voulions éviter de traverser Sassari). Il s’agit là d’un itinéraire que nous connaissons à fond, et qui, malgré sa beauté, nous lasse de par sa longueur. Départ de Bosa à 19h45, arrivée à 21h15 à Valedoria !! Crevés, mais de belles images plein la tête, et le cœur.
08:23 | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note


Commentaires
Arrête de nous montrer tout ça, ou je pars demain !
Écrit par : laplumequivole | 14.08.2011
Répondre à ce commentaire@ Plume : A la nage ????
Écrit par : Lancelot | 15.08.2011
Répondre à ce commentaire"Par chance, TiNours est très patient face à ma folie photographique. Et même, il l’approuve." On pourrait remplacer TiNours par Fromfrom et on obtient presque la même chose, sauf que je suis moins fou :-)
Terriblement beau.
Écrit par : Cornus | 23.08.2011
Répondre à ce commentaire@ Cornus : Moins folle, surtout. Bon, après Bosa patrie de Bozo, c'était la journée des vannes nullotes. Pardon. :D
Écrit par : Lancelot | 31.08.2011
Répondre à ce commentairePeu importe, Lancelot, j'accepte volontiers de telles blagues.
Écrit par : Cornus | 31.08.2011
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