31.03.2011
Rome, ici et là, Rome, conclusion
Vendredi 12 mars
Nous avons rempli cette dernière journée avec les choses que nous n’avions pas eu le temps ou l’occasion de faire, et aussi à approfondir l’impression laissée par certains quartiers. Sans hâte, en flânant. L’atmosphère s’y prête d’autant plus que la météo est de plus en plus belle. Le soleil nous accompagnés tous les jours, mais en plus le thermomètre a grimpé aujourd’hui, nous obligeant même parfois à prendre nos manteaux sur le bras. Le printemps est presque là !
Nous avons commencé par une n-ième promenade vers la Place Saint Pierre (on va bientôt connaître les remparts du Vatican mieux que Benoît XVI). Longer le château St Ange, traverser le pont sur le Tibre, repasser devant le musée Stemps, arriver à la Piazza Navona (« Pizza Navona », comme dit ce farceur de TiNours). Bien moins d’affluence que dimanche. J’en profite pour reprendre des photos avec des détails sur les fontaines.
Sur cette place (comme partout ailleurs dans Rome, mais là surtout) des vendeurs d’origine pakistanaise (ou tout au moins est-ce ainsi que je les identifie) proposent une série de gadgets destinés aux enfants : des pistolets crachant des rafales de bulles, des sphères en plastique semblables à deux œufs, qui, lorsqu’on les jette au sol, s’étalent puis reprennent leur forme sphérique initiale, et enfin de petites pierres magnétiques que l’on peut faire jongler entre deux doigts. J’en rêve ! Surtout du pistolet à bulles. Devant mes réactions de gamin, TiNours n’a cessé de me proposer de m’acheter ces cochonneries, mais j’ai obstinément refusé. Il y a un certain degré de puérilité auquel il faut savoir résister.
Nous avions prévu depuis le début de la semaine d’aller voir une exposition sur la vie de Caravaggio, dans la bibliothèque attenante à l’église Sant’Ivo alla Sapienza, un lieu ouvert spécialement pour l’occasion. Les visites se faisaient en italien uniquement. La jeune guide qui nous accompagnait m’a découragé au bout de cinq minutes : dé »bit ultrarapide et mots avalés avant même d’être mâchés. D’ailleurs, la dizaine de personnes qui composait le groupe s’est très vite dispersée, sans écouter plus avant. Nous avons eu alors la bonne idée d’intégrer le tour suivant, conduit par un jeune homme précis et à l’élocution claire.
Seules deux œuvres du maître étaient exposées, mais il y avait aussi une collection de témoignages écrits sur des documents officiels (rapports de police, etc) attestant des nombreux procès et problèmes que l’artiste avait eu au cours de ses séjours successifs à Rome. Il aimait un peu trop les duels, apparemment.
En sortant de la bibliothéque , nous nous sommes retrouvés au beau milieu d’une manifestation monstre en faveur de l’université libre. Forza il popolo ! Le défilé passait notamment devant le palais de Vittorio Emmanuele, moment à immortaliser. De nombreuses rues étaient barrées, ce qui a compliqué notre itinéraire. Toutefois, il arrivait que des carabinieri plus sympas que les autres nous laissent passer, sur la bonne foi de nos mines de touristes innocents, ce qui m’a permis plusieurs fois de les dévisager lascivement. « Ah, bah, ils ne sont pas tous beaux », me dit TiNours, blasé. Tous, certes non. Mais il faut bien dire que, pour la plupart....
Ensuite, visite de la crypte de Balbi, dernier site auquel notre pass archéologique donnait accès. Sur deux étages, vestiges, objets de la vie quotidienne, pièces de monnaie, sur diverses époques : étrusque, médiévale, renaissance. La particularité du site est qu’il rassemble en ses fondations architecturales des restes de toutes ces périodes de l’histoire. C’est visible lors de la visite des sous-sols, la partie la plus intéressante à Baldi. Hélas, malgré la gentillesse et la qualité de parole de la guide, tout cela est bien trop technique, je peux seulement comprendre une phrase sur quatre. Le plus étonnant, selon nous : une citerne pour nettoyer les latrines avait été aménagée là, sous le règne d’Adrien. L’humidité des lieux glace le sang, au propre comme au figuré.
A midi, repas dans une trattoria où l’on choisit trois plats parmi les dizaines exposés, pour remplir une seule grande assiette. Tout cela pour 5 euros 60. Les serveurs et serveuses (tous étudiants, probablement) courent, bondissent, virevoltent, à l’étage, en terrasse, en salle, et servent, en un temps record, avec le sourire et l’amicale familiarité des Italiens, que je trouve irrésistible. Je les admire.
Nous avons marché ensuite jusqu’à la place où l’on peut voir la Bocca della Verità. Inutile de songer à imiter Audrey et Gregory pour immortaliser cela sur une photo : il y a une très longue file d’attente devant le site. Je m’en doutais un peu. J’ai tout de même pu photographier la « bocca »en me glissant sur le côté et en guettant les dix secondes de battement entre deux fournées de Japonais souriant niaisement en insérant leur main, comme pour immortaliser un serment d’allégeance à la goulue Gorgone.
Le jour descend insensiblement, mais nous avons encore eu le temps de faire une brève incursion à la Basilique Santa Maria in Trastevere, avant de démarrer la promenade du Janicule : la Fontaine Paola, la Porte St Pancrace et la statue de Garibaldi sur son cheval.
Conclusion, en point d’orgue : Roma by night : à pied, comme toujours. Illuminée. L’appareil photo et moi avons fait ce que nous pouvions, c'est-à-dire, pas grand-chose...
Un au-revoir très doux. J’ai pensé à ma mère toute la journée, en ayant envie de lui envoyer tout ce soleil, tout ce bonheur, pour l’accompagner dans son épreuve.. Le soir, de retour à l’appart, nous avons eu des nouvelles rassurantes au téléphone. Je lui ai même parlé.
Nous rentrons, très vite. J’ai envie, aussi, de te serrer dans mes bras.

12:20 | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note


Commentaires
Sais tu que la place Navone qui reprend les contours d'une arène pour courses de chars était inondable avec l'eau du Tibre pour y organiser des naumachies ?
Au XVII & XVIII siècle, on l'inondait encore en été pour que les carosses se promènent dans la fraicheur (avec moustiques, malaria & fièvre jaune garantis).
As tu vu les très belles mosaiques de Sainte-Marie de Trastevere, extérieures & intérieures ?
Il y a de fort beaux Caravage dans Saint-Louis-des-Français, & de magnifiques carabiniers un peu partout; comme toi, je ne suis pas blasé, moi !
Mais comment peut-on tout voir dans cette ville ...
Écrit par : philippe | 31.03.2011
Répondre à ce commentaireBen elles sont où les photos des sublimes représentants de le Force Publque ? On veut bien donner notre avis aussi !
J'aime bien cette dernière journée. J'ai même piqué une seconde de jalousie au nom du Caravage, mais bon, moins de regret s'il n'y a pas vraiment de ses oeuvres. La prochaine fois, vous irez à Santa Maria del Popolo, paroi latérale droite...Hihihi j'ai mon service de renseignement !
Écrit par : Laplume | 31.03.2011
Répondre à ce commentaireA chaque voyage, moi aussi, je ne manque pas Le Caravage. Et le Trastevere est justement le quartier où je vais loger début mai. Merci, par tes billets, de m'avoir aidé à réviser.
Écrit par : calystee | 31.03.2011
Répondre à ce commentaireEh bien encore une journée bien chargée...
Écrit par : Cornus | 31.03.2011
Répondre à ce commentaire@ Philippe : Non, je ne savais pas tout ce que tu me racontes là. C'est très intéressant.
Sainte Marie de Trastevere, oui, nous y sommes passés, un peu trop rapidement à mon goût.
Quant au cavalieri, et aux "caravaggi" : ah, mais, personne n'est blasé ! On se donne juste un air, comme ça, en artistes... :-)
@ Plume : Toi, tu es une Lubrique.
(à prendre comme un grand compliment !)
Quant à Caravaggio, ma foi : je dois avouer que la vie et la personnalité du personnage m'inspirent davantage que ses oeuvres en soi. C'est beau, mais cela manque de mystère à mon goût, pour le peu que j'en ai vu. Il me "parle" moins que d'autres artistes. Mais, bien sûr, je suis tout à fait profane sur son oeuvre, qui mériterait sûrement une étude plus approfondie ! Et peut-être que le coup de coeur suivrait. Je ne sais pas.
@ Calyste : Je suis content que tu "enchaînes". Tes billets ultérieurs me donneront l'occasion de "réviser", moi aussi !
Que de monde à Rome pour les vacances de Pâques ! A part toi, il y a aussi ma collègue Betty et sa famille qui s'y rendent.
@ Cornus : Oui, bien remplie, mais pour pouvoir nous satisfaire entièrement, il aurait aussi fallu que nous nous rendions à Ostie. Manque de temps...
Bah, ce n'est que partie remise....
Écrit par : Lancelot | 03.04.2011
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